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Vendredi 30 mai 2008
T'as pas d'amis? Et ils font quoi tes parents?

Voici deux questions que j'ai décidé de poser à Bastien Legarec afin d'enrichir un peu sa personnalité et sa palette d'activités. En effet, à part une ex et deux enfants, on ne sait pas grand chose de l'entourage de mon héros finalement.

Donc je vais rajouter deux scènes. Sauf que je ne sais pas encore trop bien où je vais les positionner dans le cours du récit ni de quelle façon elles influenceront l'histoire. Quoi qu'il en soit elles auront un impact minime, voire pas d'impact du tout. Ne peuvent-elles pas juste servir à mieux connaître le personnage ?

La première de ces scènes se passera dans un appartement rue Poquet de Livonière. D'abord parce que j'aime bien ce nom de rue, que le lieu existe à Angers et qu'on y trouve des maisons à colombage et des appartements mansardés et biscornus comme je les aime.
C'est là que se retrouve régulièrement la "section angevine d'humour trotskiste" composée de Vincent, membre fondateur, animateur socio-culturel; Aline, sa copine, en congé parental (ils ont un boubou de 6 mois, une petite zoé), Stéphane, commis de cuisine dans un resto ouvrier et Yann, professeur d'anglais dans un lycée de la Roche sur Yon en attente désespérée d'une mutation sur un poste en Anjou.
La section a été créée en 1990 alors que les lascars étaient lycéens et manifestaient contre une réforme dont ils ont oublié le contenu depuis. Les manifs ont mal tourné, noyautées par quelques militants d'extrême gauche qui ont semé la zizanie dans la coordination lycéenne. Du coup Vincent a créé cette section, prétexte avant tout à boire des coups de rouge et à jouer au tarot en rejouant les squetches de Christophe Alévêque et en redessinant un communisme utopique à visage humain (une dictature du prolétariat certes, mais avec Casimir comme leader maximo, telle est la devise de la section). C'est à cause du tarot que statutairement, le nombre de membres est limité à cinq. Vincent est même allé jusqu'à déposer les statuts de la section en préfecture en tant qu'association loi 1901. Il en est le président à vie, Bastien est trésorier (c'est donc lui qui gère la cagnotte qui sert à se fournir chez Vini Bigoude, le caviste) et Yann est secrétaire, général bien entendu...

Cette scène décrira la partie de tarot durant laquelle Chacun parlera un peu de lui, de son travail, de ses amours, ... ce sera l'ocacsion de voir comment Bastien raconte son enquête et sa mise au placard. Comment il évoque Malika du bout des lèvres aussi...


La deuxième scène nous informera sur la situation familiale de Bastien à l'occasion d'un appel téléphonique de sa mère. Ses parents sont très peu présents dans sa vie , et pour cause...
 Sa mère vit seule à côté de Rennes. Elle s'est fachée avec ses cinq frères et soeurs au moment de la succession de leurs parents, pour de sombres histoires de fric. Bastien a été pris dans cette tourmente familiale avant de décider de s'affranchir, de ne plus prendre parti. Ce que maman n'a pas supporté selon le vieil adage : si tu n'es pas avec moi, tu es contre moi !
Depuis ils s'appellent pour leurs anniversaires et pour les fêtes, rien d'autre. Mamie ne voit ses enfants qu'à Noël mais finalement c'est très bien ainsi.
Quant au père de Bastien, c'est justement l'objet de l'appel en question. Il a toujours été caractériel et violent. Bastien se souvient de roustes mémorables. Sa mère a dû en recevoir quelques-unes également, même si Bastien n'en a pas de preuves formelles, juste de vagues souvenirs d'enfant, assez flous. Le père a quitté la maison à l'adolescence de Bastien pour suivre une fille qui avait fait un remplacement de quelques semaines à son bureau (il travaillait comme contrôleur à la mutuelle sociale agricole). Leur idylle avait fait long feu. Il avait alors cherché à revenir mais la mère de Bastien avait fait changer les serrures. Il a lentement sombré dans l'alcool et la dépression et Bastien a cessé de le voir depuis 20 ans.

Cette scène le fera réapparaître, le temps d'un coup de fil de maman qui informera Bastien que son père a été placé en hospitalisation d'office dans un centre d'accueil psychiatrique après avoir agressé, totalement ivre, un groupe de vieilles dames à la sortie de la messe à Saint Jacut du Mené, village du centre de la Bretagne.
Le seul aspect risible de l'affaire sera dans la nature des insultes proférées et les relents d'anarcho-anti-cléricalisme de son vieux père que Bastien refusera d'aller voir, concluant la conversation d'une phrase du genre : "maman, ça fait bien 20 ans que je n'ai plus rien à voir avec ce type, je ne vois pas pourquoi tu me reparle de lui aujourd"hui. Si tu n'as rien d'autre à me dire, je te souhaite une bonne journée maman, j'ai du travail".


Et PLOP! pendant ce temps me direz-vous ? Le récit est en sommeil, mais mon carnet de notes manuscrites continue à se noircir à chaque fois que je prend un train ou un avion, et ce sera le cas mardi et jeudi prochains... à mon retour je vous le présenterai ce carnet tiens d'ailleurs, il serait temps non ?
par Baz publié dans : Karine et châtiment, Roman
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Vendredi 23 mai 2008

Et voilà, j'ai repris ma plume !

Youpi non ?

Je commence à vous livrer les fiches que Bastien a constituées sur les différents tchateurs. Ces fiches s'intercaleront dans le roman dès le 3e chapitre, sans explications au départ. Les explications arrivent au chapitre 7 qu'il va me falloir réécrire vu qu'il était consacré à donner des bribes d'infos sur les personnages. ces infos vont repasser dans les fiches et le chapitre 7 va s'enrichir d'un passage expliquant comment le héros constitue ses fiches selon un modèle appris à l'école de police.

Voici l'ébauche de la première de ces fiche


Pseudo : Vodka-viandox

 

Profil

 Nom véritable : Franck ?

Age : 28 ans (anniversaire en février ou mars puisqu'il a confié être du signe du poisson)

Caractéristiques physiques : Blond, certainement mal rasé (hypothèse car il dit être allergique aux produits de toilette)

Situation familiale : a une copine, nom inconnu, ils n'ont pas d'enfants et vivent dans un minuscule appartement avec toilettes sur le pallier.

Notes 

29-avril : Très calé en informatique (profession certainement dans ce domaine)

1er mai : A l'affût de l'actualité technique et artistique : annonce souvent qu'il vient d'acquérir le dernier objet high-tech à la mode.

6 mai : Voyage beaucoup et en couple en général. A parlé sur le tchat du Costa-Rica, du Vietnam, de la Réunion, de Madagascar, du japon et des Etats-Unis, Côte-Ouest.

7 mai : a donné sur le tchat l'afdresse de son blog où il a mis en ligne ses photos de voyage. Il n'apparaît qu'une seule fois dessus, en tenue de randonneur. Il semble assez petit, je dirais entre 1 mètre 70 et un mètre 75.

24 mai : a raconté une soirée épique (resto, bars, alcool, ...) apparemment il est coutumier du fait.

28 mai : discussion sur la famille aujourd'hui dans le tchat, autour du thème de la fête des mères ! Il refuse de parler de sa mère.  Son père était militaire. Il a passé une partie de son enfance sur une base à Djibouti. Il a parlé d'une sœur, plus jeune que lui, sans donner de détails.

3 juin : s'est fait voler son portefeuille dans le métro à Paris aujourd'hui. Il habite là bas car il a raconté prendre le métro tous les matins. Visiblement, il est sujet au sentiment d'insécurité, « la racaille » comme il dit lui fait peur.

12 juin : prépare son prochain voyage ce sera la Scandinavie.

Impressions personnelles :

 Me semble à la fois ordinaire et spécial. Une personnalité qui plaît, plutôt agréable, mais pas « la » personnalité qui saute aux yeux. Certainement quelqu'un d'assez discret dans la vie peut-être même plus réservé en réalité que dans le tchat.

Semble généreux, propose fréquemment de rendre service. se contente semble-t-il de vivre modestement (petit appartement, pas d'ostentation) afin de satisfaire ses deux priorités : un léger côté geek et une passion pour les voyages.

 

par Baz publié dans : Karine et châtiment, Roman
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Lundi 12 mai 2008

Serait-ce le déclic ?  Hier matin, dans la cour d'un vieux corps de ferme à Cheverny, devant un café juste assez fort pour me faire oublier que j'avais abusé d'un excellent pinot gris la veille, j'ai eu cette idée :

"Et si je restructurais k-rine et châtiment ?" En effet, le problème de ce roman est que les personnages manquent de corps. Or à un momenbt du récit, le héros dit qu'il a, machinalement ou par déformation professionnelle, rédigé des petites fiches sur chacun. Mon idée est donc, en plus de l'alternance entre le récit et le tchat, d'introduire ces fiches descriptives. Une rotation sur trois types d'écriture donc...

Reste à savoir si j'introduis les fiches dès le départ, quitte à dérouter le lecteur, ou si j'attends... à votre avis ?

par Baz publié dans : Karine et châtiment, Roman
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Jeudi 3 janvier 2008

Achetez karine et châtiment en avant première !!!!

Suivant les conseils de l'un de vous (;-) merci mamazone), j'ai décidé de publier provisoirement mon roman sur lulu.com

Cela présente deux avantages :

1/ il est disponible dès maintenant soit en version à imprimer soit en vrai livre papier relié broché et tout le toutim !

2/ Je dépose ainsi un copyright paier sur l'ouvrage tout en me réservant le droit de le retirer du site dès que j'aurai trouvé un vrai éditeur !


Pour commander c'est fastoche, cliquez ici : http://stores.lulu.com/el_baz
Les prix :

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Imprimé: €9.90

Téléchargé: €5.75


 

Merci d'avance et à vot' bon coeur m'sieurs dames !

par Baz publié dans : Karine et châtiment, Roman
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Dimanche 30 décembre 2007

Bonne et heureuse année à Tous et toutes !!!

C'est in extremis que je tiens l'engagement que je m'étais fixé : mettre un point final à mon premier roman "K-rine et châtiment" avant la fin 2007 !!! C'est donc fait, le manuscrit est lu et relu, corrigé, amendé en fonction de vos remarques notamment. Il est mis en page prêt à être imprimé en format bouquin avec reliure : bref je me prépare aux envois postaux en direction des éditeurs.

En attendant que l'un d'eux accepte de me publier (je croise les doigts), voici une version PDF du roman que vous pouvez imprimer en recto- verso sur papier format A5. Le tout fait 179 pages dans ce format.

J'espère que tous ceux d'entre vous qui m'ont dit avoir du mal à lire sur un écran, trouveront leur plaisir sur papier ! Vos commentaires sont les bienvenus, et pour tout dire même, ils sont attendus avec une certaine impatience.

Allez, vous voulez lire K-rine et châtiment ? Cliquez ici  : http://www.divshare.com/download/3296775-45d (fichier Pdf hébergé sur Divshare.com)

 

 

par Baz publié dans : Karine et châtiment, Roman
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Lundi 17 septembre 2007
Voici un chapitre intercalaire à insérer juste après le chapitre 20 dans le roman karine et châtiment. ce nouveau chapitre ne modifie pas fondamentalement la trame du livre mais permet de poser un peu l'action. On fait le point sur l'enquête qui vise les ripoux et sur le rôle d'appât dévolu à malika.
Cette insertion va également modifier légèrement le chapitre suivant puisqu'il faudra que j'y intègre des éléments de raccord avec le fait que Legarec doit se plier à une confrontation avec Lucas, Simagne et Durand.
Du coup il va rentrer tard chez lui, se connecter 10 minutes puis s'excuser et aller se coucher fatigué (et oui, mon héros est sujet à la fatigue en rentrant du travail, aussi incroyable que cela puisse paraître !).
Sur suggestion de ma charmante épouse, j'ai également modifié la fin du chapitre 21 en transformant la façon dont Bastien en vient à l'idée de se rendre à l'after au bar de l'univers. le fait que mouflon connaisse le lieu relevait d'une coïncidence un peu trop "énorme". Très prochainement je mettrai en ligne ce chapitre 21 amendé.
Bonne lecture et n'hésitez pas à me faire vos commentaires sur cet ajout.

copyright Baz, 2007
Chapitre 20 bis
Il règne une ambiance terrible au commissariat. Le commissaire Lucas, les enquêteurs Durand et Simagne ont été suspendus le temps que l’inspection générale des services fasse son enquête. Et personne n’aime avoir les « bœuf-carottes » dans ses murs. J’ai senti des regards pesants sur ma nuque en traversant le hall et les couloirs qui mènent à mon cagibi. même Nicole faisait moitié la tête quand elle m'a apporté trois nouveaux dossiers à classer. "C'est pas qu'on vous en veuille m'a-t-elle répondu alors que je demandais quelques explications quant à cette soudaine pesanteur, mais bon, on était tranquille. C'est sûr, il y avait des choses pas nettes qui se tramaient. Mais on était tranquilles. Maintenant on se sent suspectés. Puis les gars sur le terrain ont peur de perdre leur crédibilité". Bref, tout ceci n'est, une fois encore, qu'une histoire de lâcheté humaine. Mieux vaut ne pas déranger un ordre établi, fût-il insatisfaisant, car le désordre qui en résulte provoque une crainte viscérale. Et il est beaucoup plus facile de s'assoir sur quelques principes que d'affronter ses peurs.  Tout ceci se tassera avec le temps. J'essaie de m'en convaincre. En attendant, c’est moi qui ai semé la zizanie et attiré la vindicte tutélaire sur ce lieu sans histoires et il semblerait qu’on m’en tienne rigueur. Les gars du marché ont intérêt de maintenir leurs déclarations sinon le soufflé pourrait retomber et j’aurais l’air malin.
Malika m’a assuré que les gars étaient décidés à se libérer de leur joug. Et puis avec la pression des médias, même locaux, même modestes. Ça devrait aller.
J’ai moi-même été interrogé et j’ai l’impression qu’on m’a cru. Puis après tout, il y a plus grave.
J’ai demandé à Malika de faire l’appât sur le tchat et ça me stresse rien que d’y penser. Franchement ce genre de truc fonctionne dans les téléfilms américains mais là... D’un côté j’espère ne pas lui faire courir un trop grand danger. Et d’un autre côté je me dis que la toile virtuelle est vaste et qu’il faudrait un sacré coup de bol pour que le tueur se pointe dans les environs. Pourtant je ne vois pas d’autre solution. Impossible de mettre les ordinateurs sur écoute. Il me faudrait un mandat d’enquête officiel pour demander à la société qui gère le tchat de surveiller les conversations. Et le temps d’obtenir toutes les autorisations il aura coulé de l’eau dans les canaux… Qui plus est la loi informatique et libertés obligerait la compagnie gestionnaire du site à informer ses usagers que leurs discussions sont susceptibles d’être épiées. Rien de tel pour alerter l’assassin et le mettre sur ses gardes.
Non décidément, la tactique de l’appât me semble la seule possible pour faire sortir le loup de sa tanière et espérer le repérer à ce moment là. Toute la réussite de l’entreprise repose dans la capacité de Malika, alias Mali, à dialoguer en privé avec les uns et les autres et à déceler une déviance, un instinct de tueur ou une quelconque pulsion qui nous mettrait sur la voie. Nous avons convenu de nous adresser la parole comme des inconnus et de ne pas abuser des messages privés. Les tchateurs en effet ont ce sixième sens qui leur fait comprendre qu’un silence est en fait bien souvent une conversation qui se déroule en alcôve.
Cela fait maintenant une semaine que Mali, a pris ses quartiers dans le salon de discussions « voyages ». Sans forcer, elle s‘est attiré la sympathie de tous ou presque et même celle de Mickey, contre toute attente. Celui-ci semble avoir une empathie particulière pour la Tunisie que Malika décrit par le menu, des plages touristiques du golfe de Hammamet aux dunes du Sahara en passant par les oasis montagneuses de Chebika, Tamerza et Mides. A la lire, je me prends moi même à rêver.
Pourtant je dois garder l’esprit éveillé. J’observe toutes les conversations, les attitudes. Mais j'ai bien du mal à déceler quoique ce soit qui me ferait soupçonner l’un ou l’autre ou l’une. Malika me fait régulièrement le compte rendu de ses discussions. Côté féminin, on passe pas mal de temps à parler des autres filles. La critique est parfois sévère. On a beau ne pas se connaître physiquement, on extrapole, on suppute la culotte de chevale d'untelle, le caractère pimbêche de l'autre, l'attitude avec les mecs d'une troisième. Les mecs justement, voilà le second sujet de conversation. Eux aussi sont soumis à un examen en règle de leurs attitudes, de leurs potentilles qualités et faiblesses. Il ne faudrait pas croire qu'elles passent leur temps à parler chiffons ! Ceci dit, je n'ai rien relevé de bien croustillant à me mettre sous la dent.
Côté masculin, c’est le grand déballage des effets de séduction : et vas-y que je plaisante, que je roule des mécaniques, et que je t’en impose. Mali aura reçu pas moins de trois invitations pour un week-end de rêve, deux propositions pour un resto et une pour aller voir un match de foot de la berrichonne de châteauroux. Oui, mais en tribune présidentielle !
Il faut dire que Malika a mis le paquet dans sa façon de se présenter à son avantage, allant jusqu'à créer un blog avec quelques photos d'elle qui ont produit leur petit effet. Ces images, d'ailleurs, la mettent particulièrement en valeur. Elles ont été réalisées par un de ses amis, photographe amateur. L'éclairage est soigné, le maquillage subtil et sa beauté renforcée par un jeu d'ombres, de lumières et de grain photographique. Bref de quoi affoler les libidos. Et pourtant, malgré ce déballage d'atours, toujours bien peu de choses pour nous conduire sur la piste du tueur.
Il y a bien quelques jalousies cependant. Jalousie féminine tout d'abord. Nouvelle_inscrite1732 a perdu son statut de petite dernière. Comme un enfant qui craint que ses parents lui préfèrent le dernier né, elle redouble d'efforts pour se faire remarquer. Elle parle haut, s'insère dans toutes les conversations, contredit Malika à la moindre occasion. Cela suffit-il à en faire une suspecte ? C'est vrai que son arrivée dans le tchat coïncide peu ou prou avec le début des assassinats. Il y a aussi un homme qui ne semble pas sensible au charme berbère. C'est Larzac. A chaque fois que Malika évoque la Tunisie en termes élogieux, il plombe l'atmosphère par de longs réquisitoires contre le non respect des droits de l'homme dans ce pays. On ne peut pas dire qu'il ait tort sur le fond. Mais de là à quasiment dénier à une personne le droit de dépeindre positivement son pays, quel que soit le régime politique en place... Cela pourrait-il être une manifestation de racisme ? Je me refuse à le croire de la part d'un des tchateurs jusqu'alors parmi les plus tolérants. Une simple jalousie ? Une anicroche en privé dont malika aurait préféré ne pas me parler ?
J'essaierai de tirer cela au clair plus tard. Pour l'instant, je dois laisser Malika seule sur le tchat pour me rendre à une confrontation avec les trois ripoux. Je ne pourrai probablement pas me reconnecter avant tard ce soir, ou demain matin.
Je ne sais pas pourquoi, j’ai comme un mauvais pressentiment.
par Baz publié dans : Karine et châtiment, Roman
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Vendredi 6 juillet 2007
Voilà, les bonnes choses ont une fin. Ci-dessous vous pourrez lire l'épilogue, dernier chapitre de karine et châtiment, premier roman que je mène jusqu'au bout.
Merci à ceux et celles qui, par leurs commentaires m'ont aidé. J'espère que l'histoire vous a été agréable. Si c'est le cas, laissez moi un commentaire pour me le faire savoir.
Comme d'hab' ce chapitre est protégé par copyright etc, etc.
-24-
 
 
Cinquième étage, sans ascenseur. Un escalier en bois qui sent la cire et qui craque joliment sous les pieds. J’ai toujours aimé les vieux immeubles. A chaque palier, une porte qui ferme mal rappelle qu’il n’y a pas si longtemps, les commodités (comme on disait élégamment) étaient sur le palier. Je monte tranquillement chez Malika en laissant mes doigts butter de tiges en tiges sur les montants en fonte de la rampe. Quand j’étais môme, on faisait de même avec un bâton. Et la concierge détestait ça. Aujourd’hui je suis plus silencieux. Et de toute façon l’interphone se fout du bruit qu’on peut faire dans l’escalier où la concierge n’est plus.
Malika m’a invité pour l’apéro. J’ai apporté des bonbons. Parce que les fleurs c’est périssable…
Me voici au cinquième. Une porte est entrebâillée. Malika a du l’ouvrir quand j’ai sonné en bas. Je frappe, et passe timidement la tête
- Toc toc, y’a quelqu’un ?
- Ben oui y’a quelqu’un puisque je t’ai ouvert à l’interphone mon grand détective. Vas-y, entre, je suis dans la cuisine
J’aime bien quand elle me met en boîte, c’est drôle et surtout pas méchant. C’est vrai que ma question était con. Mais bon, on ne se refait pas. Je suis timide avec les femmes et je ne sais jamais quoi dire. J’enligne les banalités comme on enfile les perles. Tous comptes faits, l’humour de Malika est salutaire. Elle me chambre un peu, j’éprouve moins le besoin de faire le coq. Et paradoxalement ça me met à l’aise.
Un petit couloir m’accueille, décoré de tentures. Le salon est en face, la cuisine est à gauche. Malika est en train de mettre quelques olives dans un bol qu’elle dépose ensuite sur un plateau en métal gravé sur lequel se trouvent déjà deux verres et une bouteille de champagne.
Nous passons au salon, je quitte mon blouson et m’affale sur un pouf. Il est joli l’appart’ de Malika, ils vont bien ensemble tous les deux !
Elle allume la télé. C’est le journal de 20 heures.
- En avance de 35 minutes, je remarque.
- C’est le journal d’hier, je l’ai enregistré
Le présentateur annonce un reportage : un jeune policier fait d’une pierre deux coup : il arrête un serial killer et dénonce une affaire de corruption.
- Mon héros !!!! dit Malika en rigolant
Sur fond d’images d’Angers, du commissariat, de la place du marché, de la gare, une voix off raconte les faits :
Jérôme Constant, 38 ans, divorcé, deux enfants, résidant à Dijon, a tué 3 femmes.
Le commissaire Lucas et deux inspecteurs ont été arrêtés et reconnus coupables d’extorsion de fonds. Ils sont radiés de la police.
J’apparais à l’écran. En sous-titre : Bastien Legarec, policier, décoré ce matin de l’ordre du mérite.
- J’avais vu le racket très tôt mais bon, on accuse pas sans preuves. Ce sont les commerçants du marché qui ont eu le cran de venir me voir et de m’aider à monter un dossier irréprochable.
- Et concernant le meurtrier ?
- Le hasard m’a fait croiser son chemin… c’est tout.
Malika sourit.
- Et modeste en plus ? Ou honteux ?
- Ben c’est pas demain la veille que quelqu’un sera fier de dire à la télé qu’il t’chate au bureau !
- Et pourtant plein de gens le font et souvent ils ont une bonne raison pour ça.
- Travail abrutissant,
- Ou répétitif…
- Manque de sens à sa vie…
- Plus le goût de rien…
- Solitude…
- Etc, en effet les bonnes raisons ne manquent pas de chercher un peu de réconfort derrière un écran.
- Allez, rangeons ça dans la case « passé » maintenant. J’avais le goût de stopper cette énumération qui risquait fort de se terminer par un aveu : j’en étais venu à tchater sur un coup de blues.
- T’as raison, passons à un avenir plein de bonnes choses dit-elle en levant son verre
- Tu sais que c’est péché l’alcool ?
- Tu sais que tous les beurs ne sont pas forcément musulmans ?
- C’est vrai, pardon. J’ai versé dans le cliché. Alors on trinque à l’avenir ? Qu’il soit heureux !
- Pour ça c’est pas compliqué, si tu commençais par m’embrasser ?
- Et ça c’est pas cliché ?
 
 
 

Fin

par Baz publié dans : Karine et châtiment, Roman
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Mardi 3 juillet 2007
Copyright © 2007 Baz, reproduction et diffusion interdites sans autorisation de l'auteur
-23-
 
Aïeeeuuuu… j’étouffe un juron. Il est interdit de traverser les voies, je comprends pourquoi. Je viens de m’exploser un doigt de pied contre une traverse qui dépassait plus que les autres. C’est le genre de douleur insupportable. Du genre du doigt de pied dans le coin du lit ou du crâne dans la porte du buffet de la cuisine en se relevant, un saladier dans les mains. La décharge électrique est soudaine, vive, extrêmement douloureuse et vexante. L’accident con. Il suffisait de lever les pieds, de faire le tour du lit ou de se souvenir qu’on avait pas refermé la porte du haut en sortant les verres y’a deux minutes. Faites moi penser lors de mes résolutions de nouvel an à poser mon matelas à même le sol, à ne plus jamais mettre la table et aussi à lever les pieds bien haut quand je cours le long d’une voie ferrée.
J’ai réussi à me retenir de hurler. Ce n’est pas le cas de tout le monde. J’entends des cris. Une voix de femme, vite couverte par le passage d’un train.
Je me précipite.
Dans les lumières du train express régional qui entre en gare, j’aperçois des ombres. Deux voies me séparent d’un quai que j’entrevois entre les wagons qui défilent. Qu’il est long ce train. Les trains express régionaux sont toujours bondés le matin. Chaque fois que j’ai eu à en prendre un, j’ai pesté contre la SNCF et sa logique de profit qui la pousse à limiter le nombre de voitures attelées, entassant les pauvres bœufs que nous sommes dans ce qui devient rapidement une étuve embuée. Dès le matin les dessous de bras sont à l’épreuve. Heureusement que de gentils chimistes en cosmétiques nous inventent des déodorants garantis efficaces pendant 24 heures !
N’empêche que là, pour une fois, je trouve qu’il y en a trop, des wagons. Le train met un temps fou à libérer la voie pour aller s’immobiliser en gare passagers, à trois cent mètres de là. Finalement je peux grimper sur le quai et j’y découvre deux corps à la lutte : une femme au sol, à plat ventre. C’est Malika. Un homme est assis sur elle. Et là je n’ai plus aucun regret d’avoir pris mon flingue que je pose sur sa tempe, ressentant bizarrement un sentiment de puissance façon inspecteur Harry : on est trois maintenant smith, wesson et moi !
- Tu la lâche maintenant connard.
- Okay okay ça va.
Il se relève doucement. Je le contrôle, main gauche sur son épaule, main droite crispée sur mon arme. Je me méfie. Je veux éviter tout mouvement brusque de sa part. Je le maintiens donc à demi penché, en déséquilibre afin qu’il n’ait aucune puissance s’il essayait de se dégager.
- ça va Malika ?
- Bof, j’ai connu mieux. Mais ça ira.
- Vous la connaissez ?
La question vient du gars que je tiens toujours en joue. Visiblement il est surpris de s’être fait pincer. Il cherche à comprendre comment et pourquoi. Allons-y pour les explications, moi aussi y’a des trucs que j’aimerais savoir.
- J’ai pas rêvé, t’essayais de tuer mon amie là ?
- On ne peut rien vous cacher.
Insolent en plus. Je lui arrache des mains un segment de fil de nylon.
- Les autres meurtres c’est toi aussi alors ?
- Quels autres meurtres ?
- Fais pas le malin, tu sais très bien de quoi je parle.
- Nan, j’vous jure. Et vous êtes qui vous d’abord ?
- Je me présente, el_baz,  on s’est croisés pas mal de fois sur Internet je suppose. Et toi alors qui es-tu ?
- Jérôme, enfin, Vino tel que tu me connais sur le tchat.
Les présentations faites, je sens Vino changer d’attitude. Lui qui était crispé, tendu sous ma menace, et que je sentais prêt à tenter un coup tordu, se relâche et semble abandonner toute résistance. J’en profite pour le questionner.
- Vino, je le crois pas. T’es vraiment un enculé. Et pourquoi t’as fait ça ?
Malika est à genoux, elle reprend son souffle. Vino se relève d’un coup et me fait face maintenant
- Bouge pas !
Il lève les mains.
- Pourquoi t’as fait ça ?
- Tu peux pas comprendre.
- Explique-toi au moins, on verra après si je peux comprendre.
- C’est à cause du t’chat et de K-rine.
- Elle est mêlée à cette affaire K-rine ?
- Oui…enfin non… enfin pas directement. Il y a quelques mois on a eu une aventure elle et moi. J’étais raide dingue de cette nana. Tu devrais la voir, elle est d’une beauté incroyable. Son visage est rayonnant et son corps est parfait. Ses seins ronds, ses fesses, ses hanches, ses cuisses. Et des pieds parfaits, réguliers, ronds et potelés j’en rêve chaque nuit.
Heureusement que tous les types qui font des rêves érotiques ne se mettent pas à zigouiller toutes les nanas qui passent à leur portée. Sinon bonjour l’hécatombe. Et puis, la podophilie ne justifie rien.
- Notre histoire n’a pas duré longtemps. En fait elle faisait ça pour s’amuser, c’était pas sérieux pour elle, juste une aventure. Quand j’ai commencé à parler d’amour elle a dit stop. Et pourtant la première nuit, si tu savais tout ce qu’elle m’avait dit. Elle mentait.
Il marque un temps d’arrêt, visiblement marqué par ce qu’il raconte. Il a l’air d’un adolescent après sa première peine de cœur.
- Je déteste le mensonge. J’ai toujours détesté ça. Et tout le monde ment, sans arrêt. Tes parents, tes amis, ton patron, tes collègues, ... Y’a personne à qui faire confiance.
Concernant le patron et les collègue, je ne lui donnais pas tort.
- Mais le pire c’est le tchat. Là y’a personne de vrai, chacun invente tout et n’importe quoi. C’est une vraie mascarade. Je ne le supporte pas. Surtout les femmes. Elles te disent qu’elles sont belles, en fait elles sont laides, qu’elles ont 25 ans alors qu’elles en ont 39, presque quarante. Elles s’inventent un personnage pour te séduire. Mais moi je veux pas qu’on me séduise, je veux qu’on soit vrai.
- Alors tu les as tuées parce qu’elles t’ont menti ?
- Oui.
- Mais pas K-rine ? Pourquoi ?
- C’était ma première rencontre. J’ai manqué de présence d’esprit, j’ai pas eu le réflexe de la tuer sur le coup. Et après j’ai jamais réussi à obtenir un autre rendez-vous avec elle. C’était trop tard.
- Et le fil à pêche, la bouche cousue …
- Pour qu’elles se taisent, définitivement, que plus aucun mensonge ne sorte de leur bouche.
- Et pourtant t’en a dit toi aussi des mensonges.
- Comment ça ?
- Quand tu faisais semblant de compatir. Quand tu me proposais ton aide pour l’enquête. Tu fais un beau menteur toi aussi. Et ça, ça te gène pas ?
-… si…
Plus tard je regretterai amèrement de ne pas l’avoir menotté avant de l’interroger car à cet instant précis, il s’est jeté, mains en avant sur mon arme, se l’est entrée dans la bouche et, en pressant sur mes doigts sur la gâchette, a déclenché le tir.
Malika a laissé échapper un cri. Il est tombé. Je suis resté quelques secondes, bras ballants, avant de remarquer l’attroupement qui s’était formé autour de nous.

Il y a une logique dans tout ça. Il tuait par aversion du mensonge. Menteur lui même, il ne pouvait se laisser vivre.

par Baz publié dans : Karine et châtiment, Roman
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Dimanche 1 juillet 2007
Copyright © Baz, 2007, reproduction et diffusion interdites sans l'autorisation de l'auteur
-22-
 
 
Je me suis garé en vrac dans le couloir de bus. Après tout si on me file une amende, j’ai des contacts dans la police, non ? à cette heure matinale, le rond point de la gare est le lieu de rendez-vous des fêtards rentrant de boîte. Il y a des voitures un peu dans tous les sens, ça chante, ça danse, ça s’invective, ça se baigne dans la fontaine, ça se roule des galoches et se pelote à l’arrière des clio. Le tout dans la faible lumière de l’aube et du néon mauve de l’enseigne du bar de l’univers.
Je scrute dans toutes les directions. Mais je ne parviens pas à reconnaître Malika parmi ce ramassis de mecs beurrés, de nanas qui attendent que leur Jules veuille bien se décider à lâcher ses pote pour rentrer se coucher. J’attends un instant pour voir si elle ne ferait pas partie de ce va et vient sans fin, du bar à la boulangerie d’en face qui vient d’ouvrir et qui vend des pizzas et hot dog en exploitant commercialement la sagesse populaire qui veut qu’il « faut manger pour éponger ».
Y’a urgence. Malika risque sa peau.
J’accoste le barman, je sors ma carte comme dans une série télé. J’ai toujours trouvé ce geste ridicule. Mais bon…
Oui le type a vu une fille qui correspond à la description de Malika. Elle était avec un mec. Ils étaient assis là-bas me dit-il en désignant une table ronde en métal située près de la porte d’entrée ils ont bu chacun un demi. Leur discussion était animée les deux parlaient avec les mains mais contrôlaient le volume de leurs voix donc il ne sait pas ce qu’ils se disaient sauf qu’à la fin elle s’est levée et a dit bon j’y vais et lui a dit attends je te ramène. Elle est sortie et il l’a suivie.
Putain, où a-t-il pu l’emmener ?
Une dernière question au barman :
- Vous connaissez un coin tranquille ou on peut amener une fille près d’ici ?
- Ben on fait aussi hôtel monsieur
- Je pensais plus à un truc extérieur
- Chacun ses mœurs hein ? Héhé !
- Pas envie de rire Ducon, y’a une femme qui risque sa vie là !
- Olaaaa, pardon j’pouvais pas savoir moi. Bon … ben … c’est glauque mais y’a les anciens quais de la gare de frêt aujourd’hui il servent plus trop. C’est à deux pas d’ici. D’ailleurs la meuf que vous cherchez, c’est dans cette direction qu’elle est partie avec l’autre type. Vous prenez à droite en sortant…
 
J’écoute même pas la fin, je connais parfaitement ces entrepôts de la Sernam. Le grillage d’enceinte est vieux, rouillé et découpé en pas mal d’endroits pour faciliter le passage de toute une faune qui investit chaque soir les coins les plus reculés de la gare de tri. Là, parmi les hautes herbes des voies désaffectées, les tas de traverses usagées,les entrepôts aux vitres grillagées et les wagons à quai, on trouve des squats semi permanents, des braseros autour desquels une bande de tout-juste-post-pubères se désaltère d’une infâme bière premier prix en rêvant, comme Kerouac de monter dans un wagon et de se laisser porter jusqu’à Frisco. Sauf que le prochain train, là, va à Vierzon. Moins classe tout de suite. De-ci de-là, des couples s’étreignent dans un romantisme tout relatif. L’une est à moitié nue. Plus loin, une autre est à genoux. Finalement je crois que l’hôtel de l’Univers n’est pas si miteux que ça.
J’arrive sur les quais. C’est grand. Immense même. Y’a pas de lumière, il fait encore sombre et comme un con j’ai oublié ma torche. Si Malika est là, je me demande bien où. Gueuler ? l’appeler ? Non, mieux vaut ne pas alerter le tueur si il n’a pas encore commis son méfait. Qu’il me laisse le temps d’intervenir.
Réfléchissons. Si il l’a amenée ici c’est obligatoirement par la force. Jamais elle ne serait venue de son plein gré. Donc il aura eu du mal à l’entraîner bien loin. En espérant qu’il l’ait amenée là. Son mode opératoire et son lieu de prédilection, c’est plutôt les bords de canal. Mais il va être emmerdé. Il n’y a aucun canal à Angers. Au mieux la Maine, rivière paisible. A Moins qu’il ne projette de transporter le corps ailleurs après l’avoir tuée. Dans ce cas, il aura choisi un endroit d’où il pourra transporter un corps vers une voiture. Ces trois wagons bâchés portant l’inscription « Cimenteries de l’Ouest » sont certainement la planque la plus proche de l’entrée. Je m’élance à travers les voies dans cette direction. Pourvu que mon instinct soit le bon.
par Baz publié dans : Karine et châtiment, Roman
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Samedi 9 juin 2007
Copyright © 2007 , baz, reproduction et diffusion interdites sans autorisation de l'auteur
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C’est beau d’être écolo. T’achètes une voiture pas trop puissante, histoire de moins consommer et donc de ne pas polluer plus que de raison. Sauf que là faudrait qu’il soit capable de rouler un chouïa plus vite mon bolide. Putain, bientôt six heures du mat’. A gauche dans la rue Paul Eluard, j’y suis presque. Foutu feu rouge ! J’peux même pas le griller celui-là, il est sous vidéo surveillance. J’en profite pour réécouter le message de Malika, au cas où quelque chose m’aurait échappé.
 
Allô, … tu dors ? tu devineras jamais. J’ai un rencard ce soir avec un type du tchat. Peut-être notre homme. On va en boîte. T’inquiètes pas j’éviterai les endroits où je risquerais d’être seule avec lui et après j’irai direct au marché… ça sera pas la première fois que je bosserai après une nuit blanche ! Toi par contre on dirait que tu dors bien. Ah oui au fait, le type en question …
 
La suite est inaudible. Fait chier ! Pas moyen de savoir avec qui elle est allée en discothèque. Mais merde pourquoi elle a pas commencé par me dire son nom au type ?
Feu vert.
Bon, récapitulons.
Je me suis réveillé quand elle a téléphoné, mais j’ai pas eu le courage d’aller jusqu’au téléphone et je me suis rendormi. C’est pas de ma faute. Depuis que j’habite près d’une église j’ai développé un super pouvoir de résistance aux nuisances sonores. C’est vrai quoi, les gens se plaignent du bruit en ville. Moi ce que je trouve le plus bruyant c’est l’église qui sonne à sept heures et demie du matin pour annoncer les vêpres ou l’angélus ou je ne sais quelle prière dont je me fous royalement. J’ai envie d’ouvrir ma fenêtre et de gueuler que dieu n’existe pas. Mais d’une part je suis trop fainéant, j’aime trop mon lit et d’autre part je préfère ne pas user ma salive pour des causes inutiles. Bref j’ai à peine entendu le téléphone, je suis resté sous la couette. Jusqu’à ce qu’une envie de pisser me prenne, vers cinq heures. Et là, paresse ou pas, ça fait parti des impératifs qui font que tu te lèves. Et je me suis levé. J’ai pissé et j’en ai profité pour voir si j’avais un message. Un appel en pleine nuit c’est quand même intriguant.
A droite au rond point, la rue Louis Aragon, j’y suis presque. A peine j’avais pris connaissance du message que je sautai dans un jean, enfilai une chemise, mes chaussures et fonçai chez Malika. Elle n’y était pas.
Filer au marché m’a paru ne pas être une trop mauvaise idée à ce stade. Les camelots sont lève-tôt. Sauf que sur la place, comme au châteaubriant, personne n’a vu Malika. Conclusion, elle est encore avec ce type. Ou dans un canal…
Et son putain de téléphone qui ne répond pas.
Dernier espoir donc, retourner chez moi, me connecter sur Internet et croiser les doigts pour qu’il y ait quelqu’un en ligne. Et quelqu’un qui ait un indice à me donner.
J’aurais du commencer par là d’ailleurs.
J’suis con des fois.
Parking de l’immeuble. Foutue porte automatique. Qu’elle est lente à s’ouvrir. Stationnement. Portière qui claque. Digicode. Escalier. Pas le temps d’attendre l’ascenseur. Mes clés, la porte, l’ordi, j’y suis !
Un nom apparaît en ligne, celui de mouflon. Pourvu qu’il soit devant son écran et pas parti pioncer en restant connecté.
 
El_baz : y’a quelqu’un ?
Mouflon : oui, misskaly et moi on s’est relayés pour t’attendre.
El_baz : m’attendre ?
Mouflon : oui, ton amie « mali » a laissé un message pour toi en disant qu’elle allait démasquer le meurtrier alors on a fait des tours de veille avec sonia euh je veux dire misskaly pour pas te manquer si tu te connectais. Ta copine a dit qu’elle avait un rencard dans une discothèque le Jungle Jane à angers.
El_baz : le Jungle Jane ? Je connais, c’est sur la route de Cantenay-Epinard
Mouflon : tu connais ? Waooo sacrée coïncidence.
El_baz : Coïncidence ? Pas vraiment en fait. Mali n’est pas là par hasard. Je la connais en dehors du net. Elle faisait l’appât.
Mouflon : Ahh… Mais elle a pris un risque là non ?
El_baz : ouep, aller en boîte… T’as vu avec qui elle discutait ?
Mouflon : Non, elle a juste laissé un message privé à misskaly qui n’était pas devant l’écran à ce moment là.
El_baz : Merde ! Comment faire pour la retrouver maintenant?
Mouflon : avec un peu de chances ils sont allés prendre un dernier verre en after.
El_baz : Possible en effet, mais où ?
Mouflon : Du temps où j’habitais Angers on allait au bar de l’Univers, en face de la gare. C’est crasseux mais c’est le seul ouvert avant 6 heures du mat’. On peut y prendre un verre, bouffer un casse dalle au sauciflard et tailler une bavette avec deux-trois pochtrons et quelques vieilles putes.
El_baz : T’as l’air de connaître la ville.
Mouflon : J’y ai fait une partie de mes études.
El_baz : Merci en tous cas, j’habite pas trop loin, j’vais aller voir si je les trouve là-bas.
Mouflon : Bonne chance !
 
Malika m’a bien précisé sur son message qu’elle éviterait de se retrouver seule avec lui. Donc à l’inverse lui va chercher à l’isoler. C’est fort probable qu’il lui ait proposé l’after dans ce but. Bon, j’aime pas ce truc mais là, y’a cas de force majeure. Où est-ce que j’ai rangé mon flingue ?
par Baz publié dans : Karine et châtiment, Roman
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