T'as pas d'amis? Et ils font quoi tes parents?
Voici deux questions que j'ai décidé de poser à Bastien Legarec afin d'enrichir un peu sa personnalité et sa palette d'activités. En effet, à part une ex et deux enfants, on ne sait pas grand chose
de l'entourage de mon héros finalement.
Donc je vais rajouter deux scènes. Sauf que je ne sais pas encore trop bien où je vais les positionner dans le cours du récit ni de quelle façon elles influenceront l'histoire. Quoi qu'il en soit
elles auront un impact minime, voire pas d'impact du tout. Ne peuvent-elles pas juste servir à mieux connaître le personnage ?
La première de ces scènes se passera dans un appartement rue Poquet de Livonière. D'abord parce que j'aime bien ce nom de rue, que le lieu existe à Angers et qu'on y trouve des maisons à colombage
et des appartements mansardés et biscornus comme je les aime.
C'est là que se retrouve régulièrement la "section angevine d'humour trotskiste" composée de Vincent, membre fondateur, animateur socio-culturel; Aline, sa copine, en congé parental (ils ont un
boubou de 6 mois, une petite zoé), Stéphane, commis de cuisine dans un resto ouvrier et Yann, professeur d'anglais dans un lycée de la Roche sur Yon en attente désespérée d'une mutation sur un
poste en Anjou.
La section a été créée en 1990 alors que les lascars étaient lycéens et manifestaient contre une réforme dont ils ont oublié le contenu depuis. Les manifs ont mal tourné, noyautées par quelques
militants d'extrême gauche qui ont semé la zizanie dans la coordination lycéenne. Du coup Vincent a créé cette section, prétexte avant tout à boire des coups de rouge et à jouer au tarot en
rejouant les squetches de Christophe Alévêque et en redessinant un communisme utopique à visage humain (une dictature du prolétariat certes, mais avec Casimir comme leader maximo, telle est la
devise de la section). C'est à cause du tarot que statutairement, le nombre de membres est limité à cinq. Vincent est même allé jusqu'à déposer les statuts de la section en préfecture en tant
qu'association loi 1901. Il en est le président à vie, Bastien est trésorier (c'est donc lui qui gère la cagnotte qui sert à se fournir chez
Vini Bigoude, le caviste) et Yann est
secrétaire, général bien entendu...
Cette scène décrira la partie de tarot durant laquelle Chacun parlera un peu de lui, de son travail, de ses amours, ... ce sera l'ocacsion de voir comment Bastien raconte son enquête et sa mise au
placard. Comment il évoque Malika du bout des lèvres aussi...
La deuxième scène nous informera sur la situation familiale de Bastien à l'occasion d'un appel téléphonique de sa mère. Ses parents sont très peu présents dans sa vie , et pour cause...
Sa mère vit seule à côté de Rennes. Elle s'est fachée avec ses cinq frères et soeurs au moment de la succession de leurs parents, pour de sombres histoires de fric. Bastien a été pris dans
cette tourmente familiale avant de décider de s'affranchir, de ne plus prendre parti. Ce que maman n'a pas supporté selon le vieil adage : si tu n'es pas avec moi, tu es contre moi !
Depuis ils s'appellent pour leurs anniversaires et pour les fêtes, rien d'autre. Mamie ne voit ses enfants qu'à Noël mais finalement c'est très bien ainsi.
Quant au père de Bastien, c'est justement l'objet de l'appel en question. Il a toujours été caractériel et violent. Bastien se souvient de roustes mémorables. Sa mère a dû en recevoir quelques-unes
également, même si Bastien n'en a pas de preuves formelles, juste de vagues souvenirs d'enfant, assez flous. Le père a quitté la maison à l'adolescence de Bastien pour suivre une fille qui avait
fait un remplacement de quelques semaines à son bureau (il travaillait comme contrôleur à la mutuelle sociale agricole). Leur idylle avait fait long feu. Il avait alors cherché à revenir mais la
mère de Bastien avait fait changer les serrures. Il a lentement sombré dans l'alcool et la dépression et Bastien a cessé de le voir depuis 20 ans.
Cette scène le fera réapparaître, le temps d'un coup de fil de maman qui informera Bastien que son père a été placé en hospitalisation d'office dans un centre d'accueil psychiatrique après avoir
agressé, totalement ivre, un groupe de vieilles dames à la sortie de la messe à Saint Jacut du Mené, village du centre de la Bretagne.
Le seul aspect risible de l'affaire sera dans la nature des insultes proférées et les relents d'anarcho-anti-cléricalisme de son vieux père que Bastien refusera d'aller voir, concluant la
conversation d'une phrase du genre : "maman, ça fait bien 20 ans que je n'ai plus rien à voir avec ce type, je ne vois pas pourquoi tu me reparle de lui aujourd"hui. Si tu n'as rien d'autre à me
dire, je te souhaite une bonne journée maman, j'ai du travail".
Et PLOP! pendant ce temps me direz-vous ? Le récit est en sommeil, mais mon carnet de notes manuscrites continue à se noircir à chaque fois que je prend un train ou un avion, et ce sera le cas
mardi et jeudi prochains... à mon retour je vous le présenterai ce carnet tiens d'ailleurs, il serait temps non ?