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Mercredi 10 janvier 2007

© 2006 el_baz. Reproduction et diffusion interdites sans autorisation de l'auteur

-15-
 
 
Moumoune : Toujours aucune nouvelle des filles ?
Vino : Nan
Minipuce : Non plus
El_baz : Si, moi j’en ai
Vino : Ah bon ? et tu nous disais rien ?
Vodka-viandox : allez crache le morceau, qu’est-ce qui leur est arrivé ? Elles ont gagné au loto et se sont exilées à Bora-Bora ?
El_baz : Hélas non
Moumoune : Baz si tu joues à faire durer le suspens c’est de très mauvais goût.
El_baz : nan, c’est juste que… je sais pas comment vous le dire dire… On a retrouvé deux corps
Larzac : Merde
Mickey : Je l’avais dit, un tueur en série dans le tchat
Nouvelle-inscrite 1732 : Deux corps ? Pas trois ?
Moumoune : c’est vrai, il y a trois disparues : Valium, Lilou et Kokine. Alors ces deux corps c’est qui ?
Mickey : Les paris sont ouverts
Vodka-viandox : Putain Mickey ta gueule !
El_baz : Et bien d’abord il y avait le fichier des disparues. Pour Valium et Kokine, rien du tout, pas d’avis de recherche qui leur ressemble. Mais ça ne veut rien dire car je sais finalement peu de choses d’elles et puis si elles vivaient seules, il se peut que personne n’ait remarqué leur disparition.
Mouflon : Quelle misère une telle solitude
Vino : Tiens, tu parles toi ce soir
Misskaly : L’heure semble grave, on peut pas rester silencieux lui et moi.
El_baz : Selon toute vraisemblance, on a retrouvé le corps de Lilou dans le canal Saint Félix à Nantes et celui de Kokine dans le canal Saint Martin à Paris. Pour Valium, pas de corps a priori…
Vino : Comment tu sais que c’est elles ?
Minipuce : Oui, si ça se trouve c’est deux inconnues.
El_baz : Disons que c'est pas certain à 100% mais il y a quand même de très fortes présomptions. Vous vous souvenez la discussion qu’on a eue une fois sur nos tatouages, piercings et autres signes distinctifs ?
Vino : Vaguement oui
Misskaly : Moi je m’en souviens très bien. J’ai même sauvegardé la conversation pour la relire au calme et me faire une meilleure idée de l’image de chacun.
El_baz : Et bien le premier cadavre avait une coccinelle tatouée sur la cheville
Misskaly : Kokine…
El_baz : et le deuxième un papillon sur la hanche
Misskaly : Lilou
Vino : et comment elles ont été tuées ?
El_baz : Ça j’ai pas le droit de le révéler, secret d’enquête.
Vodka-viandox : Deux filles qui fréquentaient le même tchat, qu’on retrouve toutes les deux dans un canal saint machin. Baz, tu crois qu’elles ont été tuées par un même assassin ou c’est une coïncidence ?
El_baz : Sans trahir de secret je peux vous révéler que le mode opératoire est le même.
 
A cet instant, un message m’avertit que Vino voulait me contacter en privé :
 
Vino : Comment va l’enquête ?
El_baz : Je ne sais pas je ne suis pas directement ni officiellement en charge des affaires.
Vino : c’est impossible que le tchat ne soit pas le point commun, trop troublant
El_baz : oui c’est sur, c’est troublant
Vino : Tu crois que l’un de nous est mêlé à ça ?
El_baz : J’en sais rien
Vino : Allezzzz, putain, fais pas le taciturne, je suis sur que tu penses comme moi que l’un d’entre nous est impliqué. Putain ça me fait flipper. J’aimerais bien qu’on trouve ce salopard. Si t’as besoin de quoi que ce soit compte sur moi pour l’enquête.
El_baz : Merci. Retournons dans le salon de conversation, c’est pas le moment de laisser les autres tous seuls.
Ce jour là, à peu près tous les habitués du salon de discussion vinrent, à un moment ou un autre, me parler en privé, me confier leur inquiétude, me questionner sur des détails, sur l’avancement de l’enquête. Tout le monde semblait en état de choc et avait besoin de parler. Dans le salon de discussion, la conversation se poursuivit.
Mouflon : En tous cas baz, bravo pour avoir retrouvé la trace des filles et deviné que c’était elles. Franchement ça ne devait pas être évident de rechercher des personnes sans savoir à quoi elles ressemblent.
Minipuce : J’ai une idée pour la suite, pour nous protéger.
Moumoune : C’est quoi ton idée ?
Minipuce : Organisons un GT.
El_baz : C’est quoi un GT ?
Moumoune : Une abréviation pour get together : « aller ensemble », une rencontre en groupe quoi.
Minipuce : On se rencontre tous ensemble comme ça on se connaît, d’une part c’est très sympa et d’autre part ça nous permettra en cas de nouvelle disparition de savoir exactement à quoi chacun ressemble et de s’identifier mutuellement en cas de besoin.
Vodka-viandox : Pas con
Moumoune : Mieux que ça, génial
Mickey : Pouah, voir vos sales gueules ? Non merci, ça sera sans moi.
Minipuce : En plus, j’ai une idée de lieu sympa.
Vino : Où ?
Minipuce : Je vous ferai la surprise. On organiserait ça le premier week-end de juillet si tout le monde est libre.
El_baz : L’idée est bonne et j’ai pas mes enfants ce week-end là.
Larzac : il faut un lieu accessible en train et à égale distance de tout le monde.
Vodka-viandox : Ouais, à peu près quoi.
K-rine : Tu peux nous donner une idée du secteur minipuce ? j’ai des contraintes pour mon job et ce week-end là je finis tard le vendredi. Il ne faut pas que ça soit trop loin pour que je puisse vous rejoindre.
Minipuce : Je pense à un truc sur la côte Atlantique, au nord de la Loire, j'en dis pas plus !
K-rine : Dans ce coin là ça me semble jouable, je marche !
Minipuce :  Dès ce week-end je vais en repérage pour réserver un gîte on serait combien ?
Moumoune : Voyons voir, il y aurait K-rine, Vino, Vodka-viandox, Nouvelle_inscrite1732, El_baz ? Larzac, Misskaly et Mouflon ; les tourtereaux, moi. Et en te comptant Minipuce, ça ferait 10!
Mickey : Comme les 10 petits nègres d’Agatha Christie
Vodka-viandox : Ta gueule Mickey t’es chiant!
Nouvelle_inscrite1732 : Non, ça fera 9 car il ne faut plus compter sur moi. Je préfère vous en avertir pour éviter qu’on lance un avis de recherche sur moi.
Vodka-viandox : Quoi tu nous abandonnes ?
Mickey : Les rats quittent le navire
Nouvelle_inscrite1732 : Moi je tchate pour me divertir. Et là ça ne m’amuse plus. C’est devenu trop dangereux, j’arrête.
Vodka-viandox : Tu peux pas faire ça, on est plus que de lointains pixels, on est devenus amis depuis quelques semaines.
Nouvelle_inscrite1732 : je suis désolée … adios, faites attention à vous.
 
Une ligne supplémentaire s’afficha à l’écran immédiatement après cet adieu : nouvelle_inscrite1732 s’est déconnectée.
 
Minipuce : Bon… disons 9 alors, j’organise la rencontre et je vous tiens au courant. J’ai plein d’idées vous allez voir, on va transformer les énergies négatives en bonnes vibrations.
Larzac : j’ai une copine qui parle comme toi dans une bergerie près de chez-moi. Si tu veux je lui commande de l’herbe
Minipuce : et pourquoi pas
Vino : hey n’oubliez pas qu’on a un représentant de la maréchaussée parmi nous.
Larzac : ah oui merde
El_baz : vous inquiétez pas, cette séance de tchat n’est pas enregistrée. Tout ce que vous direz ne pourra pas être retenu contre vous !
Minipuce : Ouf !
 
Après une phase de tension durant laquelle je sentais presque le souffle tremblant de mes congénères, le tchat avait repris un ton plus badin. La vie continuait. On allait se rencontrer, se réconforter et se serrer les coudes. Personnellement, j’espérais aussi profiter de cette rencontre pour tenter de déceler quelque indice qui me mettrai sur la piste du meurtrier. Le tchat était le point commun entre les victimes, indéniablement. Et même si le personnage de Mickey me rebute, je regrettais qu’il ait décliné l’invitation, me privant d’une occasion d’observer simultanément tous les protagonistes de cette tragédie dans une ambiance théâtrale : unité de lieu, de temps et d’espace. Je me prenais pour un grand détective, héroïque, romantique et lyrique. Je rêvais d'un dénouement à la façon des "cinq dernières minutes". Du flan !
par Baz publié dans : Karine et châtiment, Roman
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Mercredi 3 janvier 2007

Bonne année à tous, meilleurs voeux !!! Et souhaitons qu'en 2007 paraisse sur papier "Karine et Châtiment"...

Depuis que j'ai effectué la migration de ce blog, je recueille moins de commentaires. Il faut bien dire que j'ai fait peu d'efforts pour en faire la publicité. Du coup je suis en manque de stimulants à l'écriture d'autant que je suis en ce moment un peu sec en matière d'inspiration. Oh certes mon roman est achevé dans sa structure. J'ai écrit la trame de tous les chapitres, chaque personnage a son rôle. Le tueur tue, les victimes décèdent comme il se doit, le héros est héroïque sans forcer, les personnages secondaires secondent, les deux histoires avancent en toute logique. Mais tout ceci manque de liant. Il faut dire que mon travail (le vrai, celui qui donne un salaire) me prend énormément de temps et me stresse plus que de raison ces temps-ci.

Bref, amis lecteurs( et lectrices), soyez patients, le chapitre 15 va bientôt voir le jour, je sors les forceps ! En attendant je passe le temps en mettant en forme quelques histoires pour enfants que je rédige de sorte que mon frèrot puisse les illustrer. Au mieux ça sera publié, au pire mes enfants s'en amuseront !!!

à très bientôt...

par Baz publié dans : En direct de mon bureau
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Mardi 26 décembre 2006
© 2006 el_baz. Reproduction et diffusion interdites sans autorisation de l'auteur
-14-
 
 
Pour descendre aux archives du commissariat, il fallait emprunter un escalier métallique en colimaçon, doté d’une rampe ajourée, adjoints au bâtiment dans les années 1970 afin de permettre l’utilisation du sous-sol. Une ancienne cave voûtée dont on a décaissé le sol , juste assez pour qu’un homme puisse se tenir debout en conservant quelques centimètres entre le sommet de son crâne et le plafond. Les marches en acier étaient particulièrement bruyantes ce qui m’avertissait de toute visite avant même que la première cheville ne soit visible à mes yeux. Plus encore si cette cheville surmontait une chaussure à talon. Nicole portait des talons invraisemblables. De ceux qui promettent les plus belles chutes. J’étais émerveillé à chaque fois, qu’elle parvienne à garder l’équilibre sur de telles échasses.
Deux clarks marron, préludes à un collant rayé multicolore enveloppant deux gambettes plutôt jolies suivaient les talons aiguilles dans l’escalier. Beaucoup plus silencieuses.
Les corps se dévoilaient par leurs pieds mais dès l’apparition du tailleur-jupe assorti aux chaussures à talons, je reconnus Nicole. Une vrille de colimaçon plus tard, elle me faisait face toute entière et je vis qu’elle faisait la gueule, ostensiblement.
- Y’a quelqu’un qui veut vous voir, une jolie fille …
Puis, avec un sourire pincé, elle ajouta
- Je croyais que vous n’aviez pas d’amies plus jolie que moi ?
Derrière elle, le collant avait précédé une jupe en jean un peu enfantine, un chandail d’adolescente et le visage souriant de Malika. Le contraste était saisissant. Non pas que Nicole soit laide, mais Malika joue dans une autre catégorie. Et comme en plus elle souriait tandis que « la vieille blanchâtre » faisait la tronche… 
- J’ai aussi ça pour vous
Nicole déposa deux dossiers volumineux sur mon bureau puis tourna les talons et remonta bruyamment les escaliers.
- Qu’avez-vous fait à cette pauvre femme pour susciter en elle une telle jalousie ?
- Quelle jalousie ?
- Ahh les hommes, c’est fou cette capacité à jouer les aveugles quand un sentiment vous dérange
- Bahhh, lors d’une conversation sur le ton de la plaisanterie j’ai laissé entendre que je n’avais pas d’amies plus jolie qu’elle. Certainement elle a pris conscience du mensonge en vous voyant
-…
- Cette fois c’est vous qui rougissez, je tiens ma revanche du marché.
- Vous avez du café à m’offrir ? demanda-t-elle en s’asseyant sur la chaise en sky et aluminium, rembourrée d’une mousse hautement inflammable, qui faisait face à mon bureau. Je servis un café tiède, qui cuisait lentement sur ma cafetière allumée depuis plusieurs heures. Malika, prit un demi sucre. Elle avait du nouveau.
- Les gars du marché sont ok pour témoigner. Il nous donnent rendez-vous au « châteaubriant » (avec un t comme la ville pas un d comme l’écrivain, mais bon, n’allez pas demander à des alcolo-turfistes de faire la différence), le PMU de la place du marché dimanche après le rangement des stands.
- Je ne sais pas comment je pourrais vous remercier.
- En venant déjà, répondit-elle en faisant un clin d’œil.
Elle me laissa son numéro son numéro de cellulaire, au cas où puis me serra la main en me disant à dimanche donc cher ami, et remonta lentement l’escalier.
 
Lorsque la semelle de sa deuxième chaussure disparut en haut de l’escalier je refermais la bouche, cessais de rêver et ouvris le premier dossier que Nicole avait posé sur mon bureau. Sur la chemise cartonnée je lus : « recherche pour une disparition d’une lilloise avec une coccinelle tatouée à la cheville ».
Personne n’avait signalé de disparition. En revanche, le fichier des homicides contenait une affaire pour laquelle Nicole avait photocopié plusieurs documents dont ce témoignage parfaitement circonstancié.
 
Je sortais du restaurant « la marine » où j’avais dîné avec deux amis et bu un excellent saumur champigny. Avec les amis on s’est séparés Quai de Valmy. Alors que j’allais emprunter la passerelle menant au Quai de Jemmapes, sur l’autre rive, j’ai remarqué quelques deux-roues stationnés à droite de l’escalier. Il y a deux lampadaires au pied des marches de la passerelle alors c’était pas mal éclairé. Et là j’ai reconnu une Griso. Le dernier modèle de chez Moto Guzzi. Quand on aime la moto, je veux dire, la vraie moto, pas la japonaise, on ne peut pas rester insensible à la vue d’une Guzzi. Et la Griso, je ne l’avais pas encore vue en trois dimensions, seulement dans les magazines et sur le catalogue de mon concessionnaire qui m’avait promis de m’appeler dès qu’il s’en ferait livrer une. Elle était là, fière et altière entre deux scooters hideux. Onze cent centimètres cube, deux cylindres en V à quatre vingt dix degrés, une ligne superbe, toute en courbes. Le charme des vieux roadsters allié à la modernité. Bref, tout çà pour dire que j’ai monté trois marches et que je me suis penché par dessus la rambarde pour admirer la belle italienne. Et c’est là que mon œil a été attiré par un truc qui flottait dans le canal et que j’ai aperçu une cheville avec un pied au bout qui dépassaient des eaux noirâtres. J’ai pris mon téléphone portable et j’ai appelé mes potes qui sont revenus en courant. On a attrapé la cheville et c’est à ce moment là qu’on a remarqué le tatouage : une coccinelle. Après on a tiré et on a sorti un corps de l’eau. C’était une femme. Elle était morte bien sûr. Son visage était tout gonflé et sa bouche était cousue avec du fil à pêche. Mon ami Jacques a vomi. Moi je suis retourné à « la marine » demander au patron d’appeler la police et de me donner un torchon pour cacher le visage de cette malheureuse.
 
Le second rapport que m’avait déposé Nicole relatait une autre découverte macabre. A Nantes cette fois, quai Ferdinand Favre, non loin du lieu unique. Ce lieu était décrit avec précision dans le dossier.
 
Jouxtant le canal Saint-Félix, une grande bâtisse témoigne du passé industriel de Nantes dont elle fût la plus belle usine esthétiquement par ses tours et sa structure en forme de croissant et olfactivement par sa production : les biscuits Lefèvre-Utile : LU pour les intimes. Ce vestige du XIXè a été réhabilité et inauguré en tant que lieu culturel, théâtre, espace de création et d’exposition, de rencontre, de concerts, bar, resto, hammam, etc… alors que l’humanité, et en son sein les nantais, entraient dans le XXIè siècle. Bel exemple de réhabilitation industrielle, ce lieu fait face au chateau des Ducs de Bretagne, mais se trouve également à proximité de quelques coins beaucoup plus glauques : la gare ferroviaire, le chantier de démolition du vieux stade Marcel Saupin. Et c’est là, en arrière du lieu unique, que l’on a découvert avant-hier au matin le corps d’une femme, boursouflé par un séjour de plusieurs jours (deux semaines ?) dans les eaux du canal, la bouche cousue par du fil de pêche. Elle aussi était tatouée : un papillon sur la hanche droite
 
Pas besoin d’être sorti de polytechnique pour faire le lien entre ces deux corps. Les rapports d’autopsie énonçaient tous deux « mort par strangulation au moyen d’un fil de nylon». Le mystère de la disparition de Lilou et Kokine venait de se transformer en une affaire de meurtre et le fait que ces deux femmes tchatent n’était sans doute pas une coïncidence.
par Baz publié dans : Karine et châtiment, Roman
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Lundi 11 décembre 2006

Voici une nouvelle rubrique sur ce blog qui s'intitule comme vous l'avez lu : "en direct de mon bureau"

Dans cette rubrique je vous informerai de l'évolution de mon processus d'écriture et des modifications qui feront suite à vos commentaires.

Pour inaugurer cette nouvelle rubrique, une info qui concerne le chapitre 4. Suite aux remarques d'Anne-cécile sur le manque de relief du commissaire lucas et le fait qu'on ne le prenne pas assez pour un sale type, j'ai rajouté un petit passage dans lequel il croque des noisettes. Je décris acte en référant à quelques propos entendus dernièrement de la bouche d'un paléontologue qui dissertait sur les humains primitifs... à vous de relire ce chapitre 4 et de me dire si la dizaine de lignes ajoutées renforce le passage de la mise au placard, qu'Anne-cécile, encore elle, trouvait un peu bref.

 

Merci de votre lecture et de vos commentaires !

 

 

par Baz publié dans : En direct de mon bureau
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Vendredi 8 décembre 2006
 © 2006, el_baz. Reproduction et diffusion interdites sans autorisation de l'auteur
-13-
 
 
Je me suis connecté une heure avant l’heure fixée pour notre rendez-vous en ligne, largement en avance. Je n’étais pas le seul à avoir obéit à cette forme d’impatience caractéristique du tchateur qui, presque, se lève avec l’envie de savoir ce qui se passe dans son monde virtuel. Si ton monde c’est la réalité t’allumes RTL, Europe1 ou France Inter. Si c’est le tchat t’allumes l’ordi avait dit Larzac un jour qu’il philosophait.
J’étais connecté. Tous ou presque étaient connectés, installés dans l’attente, calmement, sans un mot. Les temps de « silence » ne sont pas rares sur le tchat. J’utilise des guillemets car ce mode de communication est par essence muet. Pourtant une autre forme de silence tombe parfois de manière abrupte et pesante. Souvent la discussion s’arrête sans acte de clôture, soit que l’un a été appelé par son entourage, soit qu’un patron est entré dans quelque bureau forçant le tchateur à faire semblant de travailler, soit simplement que plus personne n’a rien à dire. Et ces silences sont pesants car la page ne blanchit pas. Elle reste emplie de cette conversation récente mais tombée en disgrâce et qui attend que de nouvelles lignes soient écrites pour défiler lentement vers le haut de l’écran et enfin disparaître, chassée par une nouvelle forme de vie. Parfois le calme s’installe parce que personne ne trouve la bonne formulation, la petite phrase qui entretiendrait la flamme du dialogue. Et quand l’idée vient il est parfois trop tard. Plus un pixel ne bouge. Alors à quoi bon relancer si c’est juste pour une phrase ?
Inversement, certains ne supportent pas le silence électronique. Ils ont besoin que quelque chose se passe. A intervalles réguliers, ils lancent une bouteille à la mer.
 
Et alors, personne ne parle ?
 
Ou, utilisant un symbole familier aux internautes, ils expriment leur ennui par un :
 
Zzzzzzzzzzzzzzzzzzzzz,
 
Ce qui signifie « je m’endors » et doit être interprété par tout tchateur qui le lit comme un S.O.S., un appel à la compagnie. Parlez moi, je m’ennuie, je me sens seul, ne m’abandonnez pas.
 
En cette fin de matinée, le silence est né du comptage des troupes.
 
Vino : 1ère classe vino au rapport commandant baz ! lol
Vodka-viandox : t’arrives à rire toi ?
Vino : faut garder le sourire en toutes circonstances. Sinon à quoi bon vivre ?
El_Baz : Tout le monde n’est pas là ?
Moumoune : Non, il manque kokine et karine
 
Et c’est à ce moment que plus personne n’a rien trouvé à dire. Le tchat s’est immobilisé, figé dans l’attente de l’heure fatidique.
N’ayant pas grand chose à faire au bureau, comme d’habitude, j’ai laissé mon esprit vagabonder. L’imagination c’est gratuit et c’est bio car entièrement renouvelable. On peut donc en user sans modération.
En général, quand le flot des répliques s’arrête, comme pris par l’embâcle, j’aime bien imaginer ce que les autres connectés peuvent faire tandis qu’ils apparaissent en ligne sans pour autant se manifester. J’essaie de deviner où ils sont. Et selon leur comportement en ligne, je devine leurs agissements dans « la vraie vie ».
Je me figure parfois Minipuce en train de s’occuper des enfants dont elle a la garde. Je la vois tiédir un petit pot au micro-ondes pour l’un, changer la couche de l’autre, prendre le temps de jouer avec le troisième. J’ai alors plaisir à me dire que les petiots ont su accaparer son attention, la détourner du tchat et la garder pour eux. D’autres fois, quand je suis d’humeur moins indulgente, j’imagine les parents des nourrissons débarquant chez leur nourrice, la contraignant à délaisser le tchat pour faire semblant de se consacrer à la marmaille. Ces jours là je la déteste cordialement.
J’ai imaginé Vino qui tchatait dans trois salons de discussion simultanément et se qui se mélangeait les pinceaux dans trop conversations différentes. Je suis sur qu’il le fait souvent car il n’est pas rare de voir une nana qu’il a draguée ailleurs se pointer, à sa recherche, dans le salon « voyages » (sur PCN un moteur de recherche permet de savoir dans quel salon sont les personnes connectées pour peu que l’on connaisse leur pseudonyme).
Souvent, je me suis projeté l’image de K-rine, à l’hôpital, en infirmière blonde nue sous sa blouse. Et je me suis chaque fois demandé si le porno mensuel de canal plus n’avait pas trop d’influence sur mes fantasmes.
J’ai imaginé Vodka-viandox absorbé par un jeu vidéo, Larzac occupé à bouquiner du Cavana, Moumoune à cuisiner. Elle nous racontait souvent ses recettes, plutôt riches en beurre !
Et moi-même il m’est arrivé de rougir aux toilettes en pensant que pendant ce temps, mon silence pourrait, dans la tête de l’un ou l’autre de mes acolytes, suggérer le lieu où je m’attardais, mots-croisés en main. En revanche j’étais incapable de m’imaginer K-rine faisant de même. Soit mon imagination est sélective, soit, et c’est plus vraisemblable, les jolies filles ne font pas caca.
Ce matin, je pensais justement à K-rine alors que je m’occupais à classer quelques papiers qui étaient déjà parfaitement en ordre. Après tout, je me la suis toujours imaginée mignonne et pleine de charme mais rien ne garantit qu’elle soit réellement jolie. Les infirmières moches sont légion.
Jolie ou pas, elle était en retard. Et minipuce aussi. Il est midi trente, et mon imagination ne vagabonde pas comme d’habitude. Les autres doivent être comme moi, dans une attente un peu soucieuse. Chacun doit se rassurrer comme il peut, comme je le fais moi. Après tout le monde du tchat est un monde volatile. Les gens vont et viennent sans prévenir. Je ne compte plus le nombre de personnes qui participent ponctuellement à la conversation dans notre salon de discussion et que l’on ne revoit qu’épisodiquement, voire jamais. Peu de gens se connaissent vraiment. Le rythme des conversations s’apparente à un brouhaha permanent finalement assez impersonnel. Alors pourquoi s’inquiéter de deux, trois ou quatre disparitions ? Ce seul décompte anéantit mes efforts pour me rassurer.
 
12 : 44 K-rine vient de se connecter
 
Moumoune : Salut k-rine, je m’inquiétais
 
Visiblement moumoune ne cuisinait pas, elle devait scruter l’écran, anxieuse, se rongeant certainement les ongles ou se mangeant les cuticules comme le font les filles stressées.
 
Vodka-viandox : tout le monde s’inquiétait pour toi k-rine on avait dit midi
Mickey : nan moi j’en avais rien à foutre
Vodka-viandox : ta gueule Mickey
Vino : tu m’ôtes les mots de la bouche vod’
Minipuce : salut k-rine, et félicitations Vino, t’as enfin trouvé un diminutif à l’horrible pseudo de Vodka-viandox
Vodka-viandox : il est très bien mon pseudo, c’est le nom d’un cocktail anti-gueule de bois !
El_Baz : bonjour k-rine, content de te voir
K-rine : salut tout le monde. Désolé de vous avoir angoissés mais depuis vendredi j’enchaîne les gardes. Une collègue est malade j’ai dû la remplacer. Du coup je suis crevée. J’ai bossé cette nuit et j’ai pas entendu mon réveil que j’avais pourtant mis à midi moins cinq.
Larzac : ça va on ne t’en veut pas
Moumoune : je suis soulagée. Par contre Kokine n’est toujours pas là
K-rine : je l’ai vue vendredi tard dans la soirée.
El_baz : raconte
K-rine : j’étais de garde à l’hôpital, j’avais des rapports à taper et ça me prenait la tête. J’ai fait une pause tchat et elle était là. Elle m’a dit qu’elle attendait son prince charmant sans vouloir me dire qui c’était. Ils devaient se donner rendez-vous ce week-end pour un week-end à Paris. Elle attendait qu’il se connecte.
Vino : t’as vu qui c’était ce fameux prince alors ?
K-rine : non, le tchat me déconcentrait, j’arrivais pas à travailler correctement alors je me suis déconnectée.
Minipuce : mince, comment t’as fait pour résister à la curiosité ? Moi je te l’aurais cuisinée la kokine jusqu’à ce qu’elle m’avoue le nom de son rendez-vous galant
k-rine : lol, j’ai bien essayé mais elle n’a rien voulu me révéler. En fait son argument c’était de dire : j’attends d’être sure, on est trop souvent déçues par les rencontres du tchat.
 
Mauvaise rencontre peut-être pensais-je. Kokine ne se manifesta pas durant le temps du déjeuner, pas plus que l’après-midi, ni à aucun autre moment d’ailleurs. Hélas, je n’allais pas tarder à comprendre pourquoi.
par Baz publié dans : Karine et châtiment, Roman
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Mardi 28 novembre 2006
© 2006 el_baz. Reproduction et diffusion interdites sans autorisation de l'auteur
-12-
 
La vie réserve parfois d'agréables surprises. Vendredi, en début d'après-midi, le téléphone avait sonné au bureau :
 
- Bastien, un appel entrant pour vous, je vous le passe.
 
C'était Jo, mon ex. Elle et son nouveau mec venaient d'acheter une ferme à retaper et ce week-end il y avait du gros œuvre à faire. Cela allait entraîner une coupure d'eau, d'électricité, des monceaux de poussière et tout le toutim. Bref, un univers absolument inadapté pour deux enfants.
 
- Je suis désolée de te demander ça si tard, mais faudrait que tu prennes les petits. Tu comprends on va être super occupés. Pas possible d'avoir les enfants dans les pattes. Maman devait les garder mais au dernier moment elle a eu un imprévu et elle n'est pas là samedi.
- Tiens donc ! Dans mon souvenir ta mère était pourtant très présente.
- Merde t'es toujours aussi con.
- ça va, je plaisantais.
- Ouais, bon, de toutes façon, t'as jamais aimé ma mère.
 
Je faisais semblant d'être importuné mais au fond de moi je jubilais. Mes boubous, un week-end, rien que pour moi, quelle agréable surprise.
 
- Je les mets au train de 16 heures 59, ils arriveront à 21 heures 10.
- Parfait.
 
La SNCF ne faillit pas à sa réputation et mes boubous arrivèrent à 21 heures 20 ! Titouan s'était fait coupé les cheveux, je le trouvais changé. Ça le faisait paraître moins poupin. Et puis il prenait son attitude de grand frère très au sérieux en guidant sa sœur vers moi sur le quai. Il pousse plus vite qu'un haricot magique.
Alix était égale à elle-même. Constante dans son rôle de fifille à son papa, câline, adorable.
 
Le temps s'écoula lentement ce week-end, dans un bonheur suave et ouaté, entre jeux, câlins et petites attentions. Avec Titouan, on a pris l'habitude de se lancer des défis. Un jeu que l'on appelle "Je t'aime gros comme…"
 
- Titou, je t'aime gros comme un camion
- Et ben moi je t'aime gros comme un train
- Moi je t'aime gros comme la lune
- Et ben moi je t'aime gros comme l'univers et comme l'univers ça contient tout, tu peux pas trouver plus gros... nananèreu
à cet instant une pensée me vint : merde il a que 6 ans le p'tit con
 
-Et ben moi je t'aime gros comme un caca d'hippopotame
Mon fils explosa de rire mort de rire et me laissa finalement le dernier mot. On s'en sort toujours avec les blagues à base de pipi-caca....
Alix ne voulut pas être en reste.
- Moi ze je t'aime gros comme un million de crottes de chèvres
Ce à quoi titouan trouva la force d'ajouter, entre deux hoquets de rire :
- Et ben moi je t'aime comme un milliard de crottes de chèvres de l'espace
Ce fut mon tour de partir d'un fou rire.
 
Le dimanche vers 15 heures, je les reconduisis à la gare puis rentrais en faisant un détour par la rivière histoire de marcher un peu. J'oscillais entre bonheur et mélancolie. C'est toujours comme ça quand les enfants repartent. Cet état me tint jusqu'au lundi à 12 heures 45 précises.
par Baz publié dans : Karine et châtiment, Roman
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Mardi 28 novembre 2006
© El_Baz, 2006, reproduction et diffusion interdites sans l'autorisation de l'auteur
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Vino : Des fois je me demande à quoi on sert quand on est là à tchater. On a le cul vissé sur une chaise, on n’existe que virtuellement et on ne fait rien de nos dix doigts
Vodka-viandox : ben moi j’en utilise au moins deux pour taper sur mon clavier !!! Faudrait d’ailleurs que j’apprenne la sténo pour écrire plus vite
Minipuce : Tu nous fais une petite crise existentielle vino ?
Larzac : Le mot existentiel est bien choisi minipuce. Et si on se réfère à l’existentialisme selon Sartre, en tant qu’homme tu est ce que tu décide d’êtres en toute liberté et en toute responsabilité.
 
K-rine : donc les états d’âme de vino sur son utilité dans le monde virtuel le renvoient à la réalité de sa vie
Larzac : C’est ça. Je tchate donc je suis. La phrase a-t-elle un sens ? Si non, il faut organiser ta vie autrement, de manière à être en accord avec toi-même
Mickey : En gros faudrait que tu te casse d’ici
Vodka-viandox : Ta gueule mickey!
Minipuce : Sartre moi je ne connais pas, désolé. Mais j’ai l’impression que la question de Vino n’est pas si grave : tu tchate parce que t’as envie d’être avec nous et donc tu sers à nous tenir compagnie. On sert tous à se tenir compagnie les uns les autres
Vino : ça flatte gentiment mes oreilles ça
El_baz : moi j’ai une théorie
Larzac : vas-y dis nous
K-rine : roulement de tambour !!!!
El_baz : depuis que je tchate et que j’observe les gens, je me rends compte qu’on vient tous ici pour rompre une forme de solitude. Ça peut-être une solitude affective si on cherche l’âme sœur ou tout simplement un ami, une solitude intellectuelle si on cherche avec qui partager des points de vue ou une solitude professionnelle quand on s’ennuie au travail, quand les collègues ne sont pas sympas, etc. Le tchat a une fonction de socialisation alternative. Ce à quoi on ne parvient pas dans la vie en trois dimensions, on le réalise dans ce monde virtuel. Par exemple la personne timide va pouvoir dépasser ses inhibitions...
Vino : Théorie intéressante
Mickey : Théorie de merde oui !
Larzac : Non, c’est pas idiot. Même mickey trouve sa place dans cette théorie. Je l’imagine très bien en vieux grincheux oisif, assis sur une chaise en formica aux pieds de métal, en marcel blanc, pantalon de toile bleue et charentaises, le sourcil en bataille et le cheveux gras. Trop réservé ou trop froussard pour ouvrir la fenêtre de son appartement et insulter directement les gens dans la rue, il se défoule sur internet.
Mickey : Bande de cons !
El_baz : Il jure, il insulte, il crache son fiel mais mine de rien il se connecte régulièrement…
K-rine : Personnellement je m’y retrouve dans cette théorie. Je tchate quand je suis seule au travail et que, soit je m’ennuie, soit j’ai des rapports à taper. Et comme c’est fastidieux, j’ai besoin de faire une pause de temps en temps et de discuter avec quelqu’un.
Minipuce : Moi je suis nourrice et les enfants dont je m’occupe n’ont pas trop de conversation. Alors le tchat ça me permet de papoter. Comme en plus je suis bavarde, …
Vodka-viandox : ça semble se vérifier ta théorie el_baz. Pour ma part je passe mon temps le nez sur l’ordinateur à m’esquinter les yeux sur des lignes de programmation dans un bureau sans fenêtre. Alors le tchat ça me fait une ouverture sur l’extérieur.
Vino : Et toi kokine ? depuis le début tu ne dis rien 
Kokine : Moi je viens sur le tchat pour vous faire profiter de mon charme, c’est une mission d’utilité générale.
El_baz : Nous avons là un autre cas de figure, celui de la personne qui, même dans le monde virtuel, ne va pas se livrer totalement et préfèrera une pirouette, une plaisanterie, plutôt qu’une confession intime
Mickey : Pffffff, psychologie de comptoir
El_baz : P’tet ben qu’oui, p’tet ben qu’non
 
Moumoune vient de se connecter
 
Moumoune : Salut tout le monde
Minipuce : t’arrives en pleine séance intello-psycho-tchatesque.
Vodka-viandox : vino nous a fait une petite crise de questionnement existentiel et le baz nous a pondu une théorie sur les motivations du tchateur
Moumoune : désolé les amis, je vais casser l’ambiance philosophique mais moi j’ai une autre question qui ne me sort pas de la tête : que deviennent valium et lilou ?
Vino : hum… on en a parlé tantôt, el_baz a du nouveau
Vodka-viandox : Vas-y baz, dis lui
El_baz : Une femme a disparu près de redon. D’après le signalement fait par son mari, cette personne recherchée pourrait être lilou.
Moumoune : Qu’est-ce qui te fait dire ça ?
El_baz : La femme en question a un tatouage sur la hanche, comme lilou
K-rine : Un papillon ?
El_baz : Oui
Vodka-viandox : ça craint.
Vino : Oui, c’est pas très rassurant.
Moumoune : Et pour valium ?
El_baz : Rien de son côté,  aucune description ne correspond à son signalement dans le fichier des personnes recherchées.
Larzac : ça ne veut rien dire. On n’a quasiment pas d’éléments pour son signalement
El_baz : Très juste et puis si elle était seule, sans famille, il se peut que sa disparition n’ait pas été signalée.
Mickey : Héhé, il y aurait donc un tueur en série du tchat adepte de la théorie sur la solitude d’el_baz qui s’attaque à de faibles femmes que personne ne recherchera
Vodka-viandox : putain mickey tu fais chier, tu peux pas te montrer un peu plus respectueux et un peu moins con pour une fois ?
Moumoune : non, il n’a pas tort, moi je flippe carrément.
El_baz : il faut garder les pieds sur terre. On n’a qu’une disparition et pas de cadavre. Pas de quoi réellement parler d’un tueur en série. Si ça se trouve nos deux donzelles ont rencontré le prince charmant et lilou est partie sur un beau destrier blanc sans en référer à son mari.
K-rine : Vision optimiste des choses, mais pas irréaliste.
Larzac : Je dirais raisonnable.
Vino : Idem.
Moumoune : Si ça peut vous rassurer de penser comme ça, moi je reste inquiète. Et si c’était moi qui disparaissait ce week-end ?
El_baz : bon, je vous propose un truc. On s’efforce de passer un week-end tranquille, sans trop penser à cette histoire et on se donne rendez-vous lundi vers midi pour faire le point. Ça vous va ?
Kokine : Pas question de céder à l’angoisse.
Moumoune : Facile à dire
Kokine : Pour moi la fièvre du samedi soir c’est sacré. Et quelque chose me dit que demain je pourrais bien voir mon carrosse se transformer en citrouille et rentrer avec le prince.
Moumoune : Si tu décide de t’enfuir avec lui débrouille toi pour nous prévenir lundi
Kokine : Oui maman !!! lol
Vino : Tu téléphone et tu laisse sonner une fois je saurai que c’est toi
Vodka-viandox : Mdr, comme avec mémé
Moumoune : Pfff arrêtez de vous moquer
El_baz : Lundi, à midi c’est ok ?
 
On s’accorda sur ce rendez-vous et la conversation reprit un cours plus futile. Lazac intellectualisa encore quelques pensées, Mickey insulta une ou deux fois les femmes du forum, s’attirant comme d’habitude une riposte immédiate et cinglante de vodka-viandox sous la forme d’un « ta gueule mickey » aussi bref qu’efficace. Quant à moi, je fus accaparé par un afflux de dossiers à classer qui m’empêcha de participer réellement à la suite de la discussion. Si vous vous demandez ce que fait la police. J’ai la réponse. Elle résout un sacré paquet d’affaires, mine de rien, et moi j’archive les dossiers.
par Baz publié dans : Karine et châtiment, Roman
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Mardi 28 novembre 2006
© El_Baz, 2006, reproduction et diffusion interdites sans l'autorisation de l'auteur
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Accéder au fichier des personnes recherchées, la base de donnée nationale qui regroupe les fiches descriptives des personnes disparues n’était pas une mince affaire. Depuis mon bureau des archives je n’y avais pas accès. Me connecter depuis le poste d’un collègue en son absence me semblait plutôt hasardeux et risquait de m’attirer des ennuis. Restait Nicole, la secrétaire de la brigade, une femme de la catégorie des « ni-ni » : ni jeune ni veille, elle doit avoir 45 ans. Ni belle, ni laide, elle est assez ordinaire. Ses cheveux ne sont ni bruns ni blonds, ils sont châtains. Ses yeux ni bleus, ni verts sont noisette dit-elle en souriant généralement. Elle n’est ni grande ni petite, sa carte d’identité stipule un mètre soixante huit.
Cependant Nicole possède un trait de personnalité affirmé : elle est d’une jovialité intelligente sans égale. Quelle que soit la personne qui s’adresse à elle, elle répond avec une gentillesse naturelle relevée d’un franc sourire. Elle plaisante volontiers et possède un sens de l’humour irréprochable doublé d’une capacité à répondre du tac au tac à la moindre vanne qui lui est lancée, ce qui a vite fait fureur dans le commissariat. Généralement j’ai plaisir à discuter avec elle car chacune de nos rencontres est prétexte à une joute verbale amusante. Lorsque j’ai été affecté dans ce commissariat, c’est la première personne avec qui j’ai sympathisé et il m’arrivait souvent d’apporter le café et les croissants dans le bureau de la secrétaire, juste pour le régal d’un quart d’heure de prose échangée sur le ton du vouvoiement amical, la bouche emplie de pâte feuilletée et les doigts gras de beurre. Ces derniers temps, étant donné que j’évitais de croiser le commissaire pour ne pas avoir à l’affronter, pas encore, ces visites n’étaient pas si fréquentes, mais Nicole m’accueillait toujours à bras ouverts. Ce matin j’étais monté au premier étage dès que j’avais vu le commissaire quitter les lieux. Tout ce qui doit être dactylographié, ou presque, transite à un moment ou un autre par Nicole au commissariat. J’avais donc décidé de m’adresser à elle pour essayer de me connecter au fichier central.
 
- Salut Bastien.
- Bonjour Nicole.
- Ça fait plaisir de vous voir, vous vous faites rare dans les étages. J’ai ouï dire que vous étiez aux archives. Pour être en lien avec vos études en fac d’histoire ?
- Fac de géo Nicole, vous ouïtes de traviole.
- Oh, oh ! Pardon mon cher. Donc, aucun lien entre vos études et le fait d’être muté aux archives.
- Aucun, en effet
- Je vois. En langage poli on pourrait dire que vous avez été muté à votre corps défendant
- C’est joliment dit Nicole
- En tous cas c’est un plaisir de vous voir
- J’aimerais venir vous saluer plus souvent, en jetant mon chapeau qui irai s’accrocher &ag