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Vendredi 19 février 2010 5 19 /02 /Fév /2010 12:02

Un nouveau chapitre aujourd'hui. pour les anciens lecteurs, je rajoute en bas de page un petit mot d'explication sur les modifications effectuées.



- 2 -

 

 

 

 

En arrivant dans ce commissariat, grosso merdo huit mois auparavant, j’avais tout de suite ressenti un genre de malaise. Fraîchement émoulu, et sorti de l’école des inspecteurs de police en bonne position, j’avais effectué un stage plutôt intéressant en région parisienne et prenais mon poste de titulaire dans cette petite unité de province qui, accessoirement est localisée à Angers, la ville de mes années de lycée puis de fac. Retour aux sources en quelque sorte.

Je suis venu au métier de flic sur le tard et un peu par hasard. Et aussi en grande partie à cause de cette ville dans laquelle j’ai pas mal galèré, de petits métiers mal payés en plans foireux qui ne rapportent que des emmerdes. Jusqu’au jour où j’ai décidé, enfin non… Jusqu’au jour où ma mère m’a tellement tanné que j’ai fini par céder -là on est plus proche de la réalité que dans la phrase précédente- et oùj’ai entrepris de préparer toute une série de concours de la fonction publique, histoire d’assurer mon avenir, pécuniairement au moins, et de rassurer maman. J’aurais pu devenir facteur, inspecteur des impôts ou agent de la sécurité sociale, que sais-je encore ? Je me suis inscrit indifféremment à tous les concours accessibles à mon niveau de diplôme. Je les ai tous foirés sauf un. Et voilà comment je me suis retrouvé un jour en face du commissaire Lucas, mon supérieur hiérarchique à l’allure débonnaire, quincagénaire, grand, un mètre quatre-vingt  dix et gros, cent vingt kilos de barback au bas mot. Le type arborait fièrement une moustache façon Ron Jeremy. Ses chemises avaient une bonne décennie d’usure à leur actif et semblaient ne pas devoir se boutonner jusqu’au col ce qui laissait apparaître une chaîne en toc et un torse velu. Effet de style m’étais-je dit alors : soit cet homme a de l’humour et s’accoutre de la sorte afin de se conformer à la caricature du flic, soit il est l’incarnation de cette caricature.

A grand renfort de claques sur l’épaule et de blagues que ce bon vieux dominique du café du commerce n’aurait pas reniées, il m’avait fait visiter les lieux, présenté mes nouveaux collègues un à un et installé dans mon bureau en compagnie de deux inspecteurs.

- Les gars, voici Bastien Legarec, un petit nouveau lança le commissaire.

Puis se tournant vers moi :

- Voici Jean-Philippe Durand, me dit Lucas, mais ici tout le monde l’appelle Johnny rapport à son prénom, à la couleur de ses yeux et à ses cheveux peroxydés. Rapport aussi au fait qu’il aime bien reluquer les jeunes filles. Bon il lui manque la Harley et ses vacances à saint Trop’ c’est plus camping des flots bleus que villa Barclay…

- Hé ! Oh ! ça va, merci pour le portrait. Salut le bleu !

Le type me sourit. Ses yeux bleus se plissèrent attirant mon regard sur ses sourcils noirs qui tranchaient avec le blond de sa coiffure vraisemblablement traitée à l’eau oxygénée. Il avait une canine noircie par une carie et le reste de ses dents était jaune tabac.

- Et lui c’est Pierre Simagne dit « Pierrot la mousse ». Si tu vas au bistrot avec lui tu comprendras pourquoi. Mais ne t’avise pas d’essayer de boire autant que lui sans entraînement préalable !

J’allais rétorquer que ce n’est pas à un breton qu’on apprend à boire mais je gardais ce commentaire pour moi et serrai la main que me tendait Pierrot.

Il me lança d’une voix enjouée mais enrouée un :

- Bienvenue mec ! En me broyant la main droite.

Il devait avoir dans les quarante ans. Et sa calvitie n’autorisait aucune supputation quant à son opinion au sujet de la décoloration capillaire. Il arborait lui aussi une moustache comme seuls les flics savent encore la porter de nos jours. De celles que l’on taille au ciseaux afin qu’elle prenne du volume et de l’épaisseur sans pour autant entraver le passage des aliments. Ce dernier point devait être crucial pour Pierrot car il possédait un ventre que son pantalon peinait à contenir et qui ne pouvait pas résulter uniquement de sa consommation de houblon.

Au moment où Lucas a quitté la pièce en lançant un « et je compte sur vous pour le mettre au parfum très vite les gars », j’ai songé aux astreintes, aux patrouilels de nuit, et autres tâches ingrates, diverses et variées, à travers lesquelles on bizute les nouveaux. Et donc je n’ai pas réagi plus que ça. Rétrospectivement je crois que cette petite phrase s’est gravée dans un coin de ma cervelle mais sans déclencher, à tort, le moindre processus d’alerte. Or j’aurais du avoir la puce à l’oreille.

 

Le bureau que l’on m’avait attribué se situait sur la droite en entrant dans la pièce. Je posais mon sac contenant quelques affaires personnelles sur le plateau du bureau à côté d’un ordinateur archaïque affichant fièrement la marque « Olivetti ». Je songeais un instant qu’il faudrait que je me renseigne si ce fabriquant d’ordinateur existe toujours quand je remarquais un jeune homme d’une vingtaine d’années assis à gauche, entre les deux bureaux de mes nouveaux collègues, la main droite menottée à la chaise. Il portait un jean taille basse et des baskets aux lacets desserrés. Dans un coin de la pièce mon regard se posa sur un skate appuyé contre le mur. A voir l’état du dessous de la planche, le gars devait savoir se servir de son engin et « grinder » à tout va.

Johnny  était assis sur son bureau, côté opposé à sa chaise et interrogeait le jeune homme. Pierrot m’expliqua que le suspect avait été appréhendé pour dégradation de mobilier urbain, ce qui en langage non-policier signifiait qu’il avait du glisser avec son skate sur le parapet d’une fontaine ou sur un banc public. « Trop lunaire pour être honnête » avait dit l’un des flics de la patrouille avant de l’embarquer et de le conduire au commissariat pour suspicion de consommation de marijuana, voire pire, de trafic.

Pour l’instant Johnny tenait un petit carnet à spirales à bout de bras juste sous le nez du jeune. De son autre main, il pointait avec l’index une ligne de ce qui semblait être un carnet d’adresses.

- C’est écrit noir sur blanc dans ton carnet : Jean-Michel Bédo, ça ne s’invente pas un nom comme ça. C’est ton fournisseur hein ? C’est quoi son vrai nom ? Où est-ce qu’il crèche ? Combien il t’en a vendu ?

Le jeune s’est défendu :

- C’est un pote. C’est son vrai nom.ça s’écrit Bédot et il est étudiant comme moi, pas dealer…

VLAN ! La paume de la main de Johnny s’était abattue sans ménagement sur son bureau, faisant sursauter y compris Pierrot la mousse, qui entre temps s’était rassis à son bureau pour taper laborieusement un rapport à l’aide de ses deux index sur le clavier d’une machine à écrire, électrique mais néanmoins préhistorique, une « Olivetti » certainement.

- Il se fout de notre gueule ! J’y crois pas à cette histoire d’étudiant postillonna-t-il au visage du jeune qui rentrait la tête dans ses épaules en espérant vraisemblablement se faire aussi petit que possible pour échapper à l’ire de ce flic dont la maigreur des émoluments semblait avoir des conséquences directes sur son budget de dentifrice. Et Jean-Paul Chichon il est aussi dans ta promo ?

Le gros rire gras de Pierrot traversa le bureau, masquant le silence du jeune skateur de plus en plus désemparé.

Je m’assis à mon bureau et entrepris de déballer mes affaires histoire de me donner une contenance. Je posais une photo de mes enfants, un bloc note et une trousse à crayons sur le meuble aux pieds métalliques peints en gris et au plateau en formica, imitation chêne rustique, qui allait me servir de bureau, prenant ainsi possession du lieu et de l’objet. Puis j’entrepris une inspection du contenu des tiroirs. Le premier s’ouvrait avec une clé qui était dans la serrure. Il était vide. J’y déposais mon pistolet et ma paire de menottes. Moins je m’en servais, mieux je me portais. Le deuxième tiroir contenait un annuaire.

- Et si…pensais-je en moi même.

Bécher Christophe…Bécreteau Michel…Bédard Danielle… Bedelet Eric… Bédot Jean-Michel, 3 avenue du général De Gaulle.

- Hé les gars, venez voir !

- Oh putain tu commences bien toi le petit malin.

- Ouais, à peine arrivé tu nous plombes. Ça vaut un apéro ça. T’as intérêt à te pointer avec ta bouteille demain.

Je songeais en mon for intérieur qu’en effet, j’avais intérêt ! Pas sûr que je me sois fait des amis sur cette entrée en matière.

 


 

Les modifications dans ce chapitre portent essentiellement sur l'introduction. D'abord il s'agissait pour moi de mieux caler les évènements dans le temps. Le tchat commence début mai et cela fait maintenant 8 mois que Legarec est dans ce commissariat (soit septembre de l'année précédente). j'avais, au début de mon travail d'écriture, sous estimé l'importance de bien caler la chronologie et les dates dès le départ, ne serait-ce que pour coller aux saisons quand on a des scènes d'extérieur.

 

Je continue dans ce chapitre à ajouter quelques éléments d'histoire des personnages. On apprend que Legarec a tenté les concours administratifs dans plein de domaines. Etre flic n'était donc pas une vocation.

On commence à parler de sa mère qui réapparaîtra plus tard dans une conversation téléphonique.

 

J'ai aussi un peu revu la description du commissaire et celle de "johnny", ça ne sonnait pas très juste...

 

Et voilà, c'est à peu près tout (hormis de ci de là quelques reformulations mineurs pour fluidifier le style).

 

à bientôt pour le chapitre 3 !

Par Baz - Publié dans : Karine et châtiment, Roman
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Mardi 26 janvier 2010 2 26 /01 /Jan /2010 16:16

Salut,

 

Un petit résumé des épisodes précédents pour les nouveaux arrivants sur ce blog. Il y a 3 ans et quelques j'ai commencé à écrire un roman intitulé K@rine et châtiment. pour me motiver à écrire et pour avoir du feed back, j'ai créé ce blog et j'ai publié les chapitres au fur et à mesure de leur écriture. J'y ai également ajouté d'autres rubriques connexes (carnets de voyages, notes d'écriture pour d'autres romans futurs,... mais c'est une autre histoire).

 

Petit à petit le roman s'est construit jusqu'à parvenir à une version complète que vous pourrez, si vous le souhaitez, retrouver dans les archives.

Mais je n'ai jamais été totalement satisfait de cette version. j'ai donc laissé le projet de côté, le temps de mûrir une nouvelle version, plus aboutie, plus dense et plus complexe.

 

Et nous y voilà.

 

Je recommence à compter d'aujourd'hui à publier les chapitres au fur et à mesure de leur réécriture. 

Aujourd'hui, le chapitre 1 qui change assez peu par rapport à la version initiale si ce n'est que l'on y trouve désormais une indication très nette du fait que le héros n'est qu'à moitié à sa place (et c'est un euphémisme) dans la police !

 

Bonne lecture et comme d'habitude laissez vos commentaires, conseils et suggestions, j'en tiens toujours compte.

 

Pensez à vous abonner à la news letter pour être alertés de laparution des prochains chapitres


 

-1-

 

 

 

 

Après quelques secondes de chargement une fenêtre s’ouvrit sur l’écran de mon ordinateur.

 

Bienvenue sur PCN « People chat network », le  tchat  le plus convivial au monde.

 

Convivial c’est vite dit. En tous cas pour un néophyte comme moi, la convivialité ne sautait pas aux yeux. La page web qui s’offrait à moi était un véritable fouillis. Pêle–mêle se côtoyaient les gros titres de l’actualité, un lien vers la météo du jour, un autre vers l’horoscope, un onglet relié à un moteur de recherche et une foultitude de menus déroulants. Une publicité animée vantait les mérites d’une banque.  Au centre de la page, un visage virtuel s’adressait à moi en me tutoyant. Sympa, certes mais de là à parler de convivialité. D'autant que le mot chat, traduit de l'anglais se voyait affublé d'un -t- en initiale. Etait-ce pour me donner un indice sur sa prononciation, ou pour ne pas que je le confonde avec le matou, son homonyme. En tous cas, je n'appelle pas ça de la convivialité quand on me prend pour un branque. J'ai fait anglais seconde langue au collège !

 

Pour pouvoir tchater il faut t’inscrire, cela ne prend que quelques minutes, c’est anonyme et gratuit.

 

Anonyme et gratuit ? ça tombait bien étant donnée ma situation. J’étais connecté depuis mon bureau au sous sol du commissariat central où l’on m’employait à classer les dossiers concernant les affaires classées. Le type qui m’avait relégué dans ce placard royal ne manquait pas d’humour. Ce qui manquait en revanche c’était l’animation : je travaillais seul toute la journée et les affaires classées n’étaient pas assez nombreuses pour m’occuper à plein temps. Mais qu’est-ce que je fous là  doit être la phrase que je me suis répétée le plus souvent depuis mon affectation ici. Qu’est ce que je fous là et par extension qu’est ce que je fous dans la police ? Franchement… Drôle de parcours pour un type qui se veut rebelle, moitié anar, franchement gauchiste, sur les bords et au milieu comme disait Renaud, et qui finit par passer le concours d’entrée dans la police. Excès de lecture de romans policiers à l’adolescence ? Quête de sécurité de l’emploi peut-être. Idéal de défense de la veuve et de l’orphelin ? Mouais, excuse bidon ça. Besoin de bouffer et pour cela de percevoir un salaire, c’est certain. Un peu de connerie aussi pour avoir choisi cette voie, c’est également fort probable ! Quoiqu’il en soit, j’y étais et ma conception du service public, sincère celle-là, m’invitait aux scrupules face au sentiment désagréable d’être payé à ne rien foutre. Après quelques semaines de culpabilisation, j’avais finalement décidé de me sortir de cette situation de relégation par le chemin le plus discret : les câbles de fibre optique « assurant le haut débit et ainsi la connexion de notre bel édifice au monde moderne dans sa globalité ». Ainsi avait parlé le commissaire lors de son discours d’inauguration du nouveau réseau. Les mauvaises langues diront que l’on attend avec impatience désormais le discours officiel marquant la livraison de nos nouveaux ordinateurs. Mais revenons à nos moutons.

 

Choisis un pseudonyme et un mot de passe qui te serviront à chaque connexion.

 

Pour le mot de passe, facile. Je ne serai pas original je prendrai ma date de naissance. Pour le pseudonyme, c’est plus compliqué. Je n’ai pas de surnom contrairement à la plupart de mes collègues. Ce serait plus facile si on m’appelait nénesse ou la gachette ou encore rambo comme quelques camarades rencontrés à l'école de police. Quoique je ne sois pas certain que de tels pseudonymes soient de nature à se faire de bons amis sur le web. Bien, réfléchissons. Mon prénom c’est Bastien, partons de là. J’entrai le diminutif basti dans la case prévue à cet effet puis cliquais sur valider.

 

Ce pseudonyme existe déjà, choisissez-en un autre ou sélectionnez-en un dans la liste suivante : basti1258, ou 0031basti, ou basti_0057.

 

ça commence bien pensais-je, tout en me faisant la réflexion qu’un tel procédé appliqué à la société « non virtuelle », serait des plus cocasses. Je m’imaginais un père se rendant en mairie pour déclarer la naissance de son enfant :

L’officier d’état civil : le prénom je vous prie ?

Le père : Thomas

L’officier d’état civil : Ah désolé monsieur mais ce prénom est déjà attribué, veuillez en choisir un autre. Sinon nous pouvons vous proposer Thomas 012587 ou plus court et plus mignon Tom124587.

Ne pouvant me résoudre à devenir un numéro, moi le rebelle, le révolté permanent (et flic, oui je sais, y’a comme une contradiction, à chaque fois on me le rappelle !) j’essayais d’autres pseudonymes. Bast comme Baba, Babast ou Titi, s’avérèrent déjà pris et Bas était trop court. On exigeait de mon pseudo qu’il soit composé d’au moins quatre caractères. A deux doigts de renoncer j’eus alors l’idée de remplacer le –s- pas un –z-, le bas devint baz, puis el_baz, à la façon d’un révolutionnaire sud américain. Et là ô miracle personne n’avait jusqu’alors eu l’idée de choisir ce pseudonyme et je pus allègrement avancer vers l’étape suivante de ma découverte du tchat, le cœur en joie et l’âme ragaillardie par la trouvaille de ce surnom de maquisard.

 

Loin d’être au bout de mes peines, je constatais bien vite que la deuxième étape de mon intronisation relevait d’une forme d’errance électronique. Comment faire son choix parmi les dizaines de salons de discussion online ? Comment trouver celui sur lequel je pourrais rencontrer quelques personnes sympathiques pour bavarder quelques instants. Il y avait plus de choix ici qu’aux Galeries Lafayette en termes de salons de conversation. Libre à moi de choisir par proximité géographique : presque chaque ville de France et de Navarre avait son salon, même la Roche-sur-Yon. Il faut dire qu’on s’y ennuie vite et que le tchat peut s’y avérer un réconfort salutaire ! Il était également possible de choisir selon le type de relation recherchée (amitié, flirt, rencontre, sexe,…) selon la catégorie de personne avec qui je souhaitais dialoguer (pompiers, gendarmes, étudiants, jeunes, moins jeunes, hommes, femmes, gays, sado-masochistes, etc…).

J’évitais soigneusement le groupe de discussion Police et commençais par entrer dans le salon intitulé Paris. Les grands voyages commencent tous par un petit pas non ?

 

El_baz : Bonjour tout le monde

Fanatic : Allez PSG

Ultra : L’OM c’est les meilleurs, on vous encule les parigots

Abdel_83985 : Vive le 93

Beaumec75 : Y’a-t-il une fille pour un plan sexe en région parisienne ?

Fanatic : PSG va niquer Marseille

 

Le flot des messages allait vite, trop vite. Personne ne s’écoutait, chacun lançait son petit message comme une bouteille à la mer et je me dis que dans le meilleur des cas on retrouverait une de ces bouteilles dans quelques milliers d’années, prise dans les sédiments et fossilisée. Les archéologues du futur s’en serviront vraisemblablement pour démontrer le caractère primitif et peu évolué de notre époque.

J’essayais un autre salon intitulé musique pensant que cette dernière adoucit les mœurs.

 

El_baz : salut les musiciens

Starmaniac : c’est Cindy qui mérite le plus de gagner à la star ac’

Videoclippie : non je ne suis pas d’accord, Paul-Antoine chante mieux et puis il est tellement sexyyyyy

 

Stop ! Pas la peine d’en lire plus. Il suffisait de remplacer les clubs de foot par les candidats d’un jeu télé débile, soi-disant musical et le flot d’inepties s’écoulait de la même manière que dans le salon parisien. J’optais finalement pour un salon au titre à la fois neutre et évocateur : voyages. Je croisais les doigts durant le court temps de téléchargement précédent l’ouverture de la nouvelle fenêtre de dialogue pour ne pas tomber dans un dialogue opposant les partisans des vacances à Saint Domingue et ceux des congés à Ibiza. J’étais loin de me douter qu’au delà d’un voyage, c’était une vraie aventure qui m’attendait.

 

El_baz : Salut tout le monde :-)

vodka-viandox : Tiens, un nouveau, bienvenue parmi nous  el baz

Moumoune : Salut et bienvenue

Vino : Une nouvelle tête, quel plaisir, salut le bleu !

 

Deux autres pseudonymes (Misskaly et Mouflon) s’affichaient dans un coin de la fenêtre qui m’informait que 6 personnes étaient connectées dans ce salon, mais il restaient muets.

 

Vodka-viandox : Hey Misskaly et Mouflon, sortez de votre buisson et venez saluer El_baz…

Moumoune : Excuse-les, ce sont deux tourtereaux et ils sont certainement en train de dialoguer en pv.

El_baz : En pv ça veut dire quoi ?

Vino : Waoo un vrai bleu !

Moumoune : Le pv c’est une abréviation pour privé, une fonction du tchat qui te permet de discuter en privé avec une seule personne.

Vodka-viandox : Une façon de chuchoter en quelque sorte

Vino : Bien des conversations se font par ce biais… messes basses, ragots, …

Moumoune : Oui mais là ce sont des mots doux qui se susurrent. Ces deux là sont en amour ;-D

El_baz : Bah, leur silence n’est pas grave. En tous cas quel accueil. Merci. Ça change des salons que j’ai visités avant d’entrer ici.

Par Baz - Publié dans : Karine et châtiment, Roman
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Dimanche 10 janvier 2010 7 10 /01 /Jan /2010 16:02
L'an dernier a été pour moi une succession de voyages au quatre coins du globe. Des lieux déjà visités, d'autres totalement nouveaux.

Première découverte : la Chine, région de Guangzhou (Canton).

Je crois que je n'ai jamais été autant dérouté en mettant le pied quelque part.

Imaginez vous arriver en pleine nuit dans un aéroport désert. La ville n'est pas très touristique donc personne ne parle anglais, ou alors quelques mots "taxi", "hôtel", "money", ... Bref pas de communication et rien de bien engageant.
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J'ai avec moi un mail que l'on m'a envoyé, écrit en chinois (donc je ne comprends pas son contenu), sensé expliquer au taxi comment me déposer à ma résidence. Mais à voir la tête du chaufferur et à entendre le débat qu'il a avec le bagagiste (visiblement ils ne sont pas d'accord sur l'adresse) je commence à avoir des doutes. Mais une heure plus tard et après avoir testé deux hôtels qui n'étaient pas les bons, j'arrive à bon port.
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Je vais rester ici deux semaines.

Les débuts seront compliqués, notamment au moment des repas. La spécialité locale est le dim sum, une boule de pâte farcie et cuite à la vapeur. On achète ça dans la rue, en faisant signe au vendeur (qui ne parle pas un mot d'anglais, encore moins de français) d'ouvrir ses paniers pour voir le contenu. Le hic, c'est que de l'extérieur tous les dim sums se ressemblent. Ce n'est donc qu'en mordant dedans que l'on sait ce qu'on mange...ou pas d'ailleurs car certains goûts me sont totalement inconnus.

Puis petit à petit je me suis acclimaté, j'ai rencontré des personnes extraordinaires, anglophones ou francophones, qui m'ont guidé dans la cité. j'ai appris à lire un peu les panneaux et à prononcer correctement mon adresse. Et là j'ai revécu les joies du petit enfant, fier de comprendre le monde et de se sentir autonome le jour où il est capable de rentrer chez lui tout seul, comme un grand !!!

 



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Ce qui frappe à Guangzhou, c'est le nombre de parcs et d'espaces verts (ce qui n'epêche pas la ville d'être surplombée d'un nuage opaque de pollution rendant l'air irrespirable, la chaleur n'arrangeant rien. Et dans ces parcs on trouve des groupes de personnes de tous âges pratiquant le taï chi, jouant au volant, jonglant, ou chantant selon un karaoké très traditionnel !




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Ensuite il y a la ville, dense et colorée, parfois traditionnelle, mais souvent très moderne. des magasins partout. certains traditionnels vendant des épices, des légumes et autres produits alimentaires, mais surtout de grands magasins à perte de vue dans lesquels les grossistes occidentaux viennent acheter 3 francs six sous les joujous qui rempliront nos étals à Noël...

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Par Baz - Publié dans : Carnets de Voyages
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Mardi 29 décembre 2009 2 29 /12 /Déc /2009 11:31
Chers lecteurs et lectrices, tout vient à point à qui sait attendre !

Avec l'année 2010 qui s'annonce et que je vous souhaite excellente, viennent les bonnes résolutions dont celle, pour moi, de finir k@rine et châtiment.
Les affres de l'écriture étant ce qu'elles sont, j'ai eu besoin de laisser tomber ce livre dans les oubliettes de mon cerveau le temps de me refaire une virginité. Et voilà que les idées recommencent à affluer.

1/ D'abord je veux ajouter un rebondissement. Je peux donc d'ores et déjà vous annoncer que dans la version remaniée, bastien n'arrivera pas à attraper le meurtrier à la gare...

2/ Ensuite je veux des personnages plus complexes. Outre quelques séquences de tchat ajoutées, je souhaite maintenant que Bastien se pose des questions sur sa place dans la police. Manifestement il est trop anar pour être représentant de l'ordre. Il va lui falloir affronter cette contradiction et nous expliquer comment il a pu se laisser embarquer dans la flicaille.


Restez aux aguets pour lire, sous peu, ces rebondissements
Par Baz - Publié dans : Karine et châtiment, Roman
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Lundi 9 mars 2009 1 09 /03 /Mars /2009 21:52
Salut lecteurs !

Je ne suis pas mort même si le peu de nouveauté sur ce blog pourrait le laisser accroire. Je traverse simplement un de ces trous noirs qui doivent, je suppose, border le parcours de quelques écrivains.

J'ai décidé de changer de métier, de quitter la recherche scientifique qui n'a plus de sens dans notre société de fric et d'image qui refuse que l'on prenne le temps de penser. Je mobilise donc toute mon énergie à monter un nouveau projet professionnel et de ce fait je n'ai pas le temps, ni la force d'écrire.

C'est une chose que j'ai récemment appris : écrire demande de l'énergie, énormément.

Cette  phase de faiblesse n'étant que transitoire, je poste ce petit message aujourd'hui, en attendant les jours meilleurs où j'achèverai mes écrits.

à tout bientôt donc, ne m'oubliez pas entre temps ;-§
Par Baz - Publié dans : En direct de mon bureau
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Vendredi 19 décembre 2008 5 19 /12 /Déc /2008 14:43
Aujourd'hui je lève un coin de voile sur la première partie du futur chapitre qui s'intercalera entre les chapitres 9 et 10 actuels.
Dans la première partie de ce chapitre, Legarec retrouve quelques vieux amis et va se prendre une cuite en refaisant le monde. En effet, en lisant Total kheops de J-C Izzo, je me suis fait la réflexion qu'un bon polar comporte au moins une scène de biture outrancière et j'avais ommis d'en prévoir une !!!

Plus sérieusement, cet état d'ébriété fera que dans la deuxième partie du chapitre, Bastien de connectera sur le tchat et discutera avec quelques inhibitions en moins, ce qui nous permettra d'en apprendre sur lui et quelques autres.

En attendant voici la première partie de ce chapitre qui nous re,nseigne sur les années lycées, le militantisme et le goût pour le Vin du personnage central de l'histoire.


Depuis mon retour en Anjou, nous avions repris l’habitude de nous réunir comme au bon vieux temps. Ce soir là on s’était retrouvés vers dix-neuf heures au cercle pour l’apéro. Le cercle est un bar à vins offrant une carte variée et riche de vins naturels, biologiques et vinifiés sans sulfites, ou si peu que l’on peut en boire jusqu’à l’aube sans risquer que sa  tête au réveil ressemble au sous sol de l’atoll de Mururoa. Et Mururoa c’est pas bio !

On avait commandé une bouteille de Moussamoussette, un Anjou rosé pétillant de chez René et Agnès Mosse, viticulteurs épicuriens hautement recommandables.

La section angevine d’humour trotskyste était là au grand complet. Il y avait Vincent, membre fondateur, animateur socioculturel de son état. Il travaillait dans une maison de quartier à essayer de monter des projets ambitieux avec quelques jeunes pas motivés et des bouts de chandelle pour tout budget. Malgré de nombreux déboires, un spectacle avorté parce qu’une ligne budgétaire avait disparu d’une année sur l’autre, une animation de rue pourrie par un gymkhana de scooters, malgré la déliquescence des rapports sociaux, la fin du dialogue avec les flics, le chômage des parents et la traîne au cul des enfants, il y croyait encore le Vincent et il répétait sans cesse : celui qui renonce à ses illusions renonce à la vie. Quand il sortait ce genre d’aphorisme, Aurélie, sa copine, le regardait avec de grands yeux plein d’amour et d’admiration mêlés. Elle l’avait connu au lycée, là où notre petite bande s’était soudée d’ailleurs, et même si elle avait lâché avant le bac, elle ne l’avait pas perdu de vue. Quelques années plus tard ils se sont mis en couple. Puis rapidement est née la petite Zoé et Aurélie a cessé son travail d’intérimaire pour prendre un congé parental.

Stéphane lui était le taiseux de la bande. A part quand-il s’agissait de bouffe ou de pinard. Il avait beau n’être « que » commis de cuisine dans une cantine ouvrière industrielle, il n’en avait pas moins des idées arrêtées sur la gastronomie. Et bon goût il fallait le reconnaître. C’était rare que l’on soit gustativement déçu d’avoir suivi un de ses conseils. « La merde d’un égoutier pue pas plus que la tienne » avait-il un jour lancé à un connard qui lui reprochait le décalage entre son métier consistant à réchauffer du sous-vide et son discours prônant le bio, le recours aux producteurs locaux, l’attention à la qualité des produits, etc.

Enfin yann complétait le groupe. Professeur d’anglais, il se morfondait dans un lycée de la Roche sur Yon, trou du cul  du monde, en attendant une mutation en Anjou qui se faisait attendre. Dans l’éducation nationale si t’es jeune et sans enfants tu t’estimes déjà heureux de ne pas avoir été envoyé dans une banlieue craignos et tu ronges ton frein en attendant des jours meilleurs. Ça donne en général des profs super motivés et du coup des élèves passionnés. Mais bon, c’est une autre histoire.

Celle de la section d’humour trotskyste a débuté en 1991 alors que nous étions lycéens et manifestions contre je ne sais plus quelle réforme, prétexte à une gentille grève qui ferait notre éducation syndicale et politique bien mieux que n’importe quel cours d’instruction civique. Comme d’habitude les manifestations avaient mal tourné, le collectif lycéen autoproclamé avait été noyauté par quelques militants d’extrême gauche bien organisés et la coordination lycéenne avait volé en éclats. De cette période il reste aujourd’hui deux choses : chez moi un profond dégoût des appareils politiques, et la section d’humour trotskyste créée par Vincent, en réponse humoristique à cet échec de notre petite révolution lycéenne. En fait ce groupuscule avait essentiellement pour but de nous réunir pour boire des coups de rouge (évidemment !) en jouant au tarot, en rejouant les sketchs de Christophe Alevêque (Yann était impayable dans cet exercice) pour finir immanquablement, un coup dans le nez, par redessiner les contours d’un communisme utopique à visage humain. une dictature du prolétariat certes mais avec casimir en leader maximo, telle est la devise de cette section. C’est à cause du tarot que statutairement notre nombre est limité à cinq. Et puis ça nous évite toute chance de diriger le monde un jour où l’autre. On ne sait jamais, des fois que l’un d’entre nous serait pris soudainement d’une ambition débordante. Vincent est même allé jusqu’à déposer les statuts de la section en préfecture, en tant qu’association loi 1901. Il en est président à vie, j’en suis le vénérable trésorier. C’est donc à moi que revient la lourde tâche de lever les fonds avant chaque soirée et de me rendre chez Vini Bigoude, un caviste recommandé par Stéphane, qui nous fournit à bon prix moult breuvages à base de raisin pressé. Enfin Yann est secrétaire de l’association ; secrétaire général bien sûr !

Depuis quelques temps nos soirées commençaient par un apéro au cercle en terrasse, pour profiter à la fois des beaux jours du mois de mai et de la possibilité pour Aurélie de poser le baby-phone sur la table et ainsi d’entendre si la petite Zoé se réveillait de sa sieste deux étages plus haut, dans l’immeuble d’en face où ils résidaient. Une fois d’autres clients les avaient regardés comme des parents irresponsables mais à bien y penser quelle différence y-a-t’il à boire un verre en bas de son immeuble ou au fond de son jardin pendant que bébé dort ? Pour peu que l’on dispose d’un moyen d’entendre à distance si le bébé pleure, il n’y en a aucune. Nous avons donc pris l’apéritif ici avant de monter chez Vincent et Aurélie préparer le frichti : purée industrielle dégueulasse, dixit Steph pour la puce, filets de sandre au beurre blanc, riz et asperges préparés par le même Steph  pour les adultes. Le tout fût arrosé d’une Fleurie du domaine Joseph Chamonard, histoire de prouver que d’une on peut boire du rouge avec la poiscaille de Loire, et que le Gamay va très bien dans un cas pareil et de deux que le Beaujolais n’est pas qu’un vignoble à japonais dans lequel on glisse des Haribos en fonds de cuves pour donner un léger goût de banane au vin nouveau.

-         Picoler ça , ça donne de la cuite de bobo avait lancé Vincent en rigolant

-         Ça c’est vrai qu’ils sont beaux les cocos avec leur précieux pinard de bourgeois avait rigolé Aurélie

Du coup Stéphane s’était emporté, arguant que le bourgeois il boit du bordeaux, il choisit son pinard avec le Parker à la main, il aime que ça goûte le bois, il achète de l’étiquette tandis que nous on boit de la nature, du vin qui sent le cul, du jus de raisin, de la nature et le produit du travail d’un prolétaire des champs, pas d’un œnologue financé par de grands groupes financiers. On a du savoir boire comme disait Brassens. On connaissait son discours par cœur et on aurait pu le faire à sa place. Mais cela aurait gâché le plaisir de Vincent et Aurélie, lequel plaisir résidait dans l’empourprement des joues de Steph et dans la gestuelle qui accompagnait son énervement jusqu’à ce qu’il se rende compte qu’on se moquait de lui et qu’il prêchait des convertis. Ce fut encore une fois le cas ce soir là et cet épisode passé on s’accorda à trouver que le jus d’octobre était bien bon.

Et comme bien sûr les deux bouteilles prévues initialement n’avaient pas suffi, on a ouvert un p’tit breton, cuvée vinifiée par Olivier Cousin qui, outre le fait qu’il s’agit d’un vin de soif fort appréciable, témoigne de la présence bretonne en Anjou venue s’erreinter à extraire de l’ardoise du sous-sol de cette contrée devenue mon chez-moi du moment.

On est ensuite passés aux choses sérieuses en sortant les cartes de Tarot. Le cubi souple de 5 litres posé au coin de la table (du vin de jardin du domaine de la grange aux belles si ma mémoire déjà alcoolisée à ce moment là ne me trahit pas), chacun se resservait à l’envie et la partie allait bon train. Et comme d’habitude les langues se sont déliées. Pour parler de soi, un peu. Pour refaire le monde, beaucoup. Et là, chose bizarre, je me suis trouvé incapable de parler du tchat. Incapable de raconter à mes meilleurs et plus vieux amis, que j’avais une deuxième vie, électronique et par certains aspects virtuelle. Quand on m’a demandé sur quoi j’enquêtais en ce moment, j’ai parlé du racket sur le marché, j’ai évoqué Malika ce qui a eu pour effet de déclencher railleries et sarcasmes et de détourner le sujet, à mon grand soulagement. On a ensuite parlé d’amour, un peu aussi, vu que les célibataires de sexe masculins avaient tendance à passablement déséquilibrer le débat, pour finir par parler politique et se morfondre de voir la France dans une pseudo résurgence du régime de Vichy. Vincent était le plus remonté. Peu de temps auparavant on avait expulsé le père d’un enfant de onze ans, orphelin de mère, condamné à rester seul en France loin de son seul parent interdit de séjour au pays des droits de l’homme. Depuis quelques mois nos discussions glissaient invariablement sur ce sujet après être généralement passées par le triste constat que la société était devenue amorphe, chacun étant recroquevillé sur ses difficultés, essayant de mener sa barque au mieux, évitant de sombrer et ne pensant plus jamais qu’à plusieurs on s’en sort plus aisément que tout seul.

-         Lors de la dernière grève dans l’éducation nationale avait déploré yann, on a plus parlé du service minimum d’accueil des enfants que des fondements de la grèves.

-         C’est les médias ça avait rétorqué Vincent.

-         Et les parents en pensent quoi avais-je naïvement demandé

-         Eux ? Ils râlent parce que si il n’y a pas de mode de garde pour leurs gamins, ils peuvent pas aller bosser…

-         Faut dire qu’un jour chômé chez certains ça fait un trou à la fin du mois

-         Ouep ! N’empêche que l’avenir de leurs enfants ça passe par un système éducatif qui tient debout et là on est revenus aux années 30.

Vers minuit Aurélie s’est excusée d’aller se coucher car le lendemain la petite allait « sonner » à sept heures pour son biberon. Cela a lentement mis fin à la soirée, le temps de finir nos verres. J’ai fait tout mon possible pour marcher droit en remontant la rue des deux-haies puis, arrivé place du ralliement, j’ai fait signe à un taxi. J’étais bien bourré quand je me suis assis devant l’ordinateur à la maison.

J’avais pris l’habitude de laisser l’ordinateur en veille et connecté au tchat afin de pouvoir lire a posteriori les conversations.

Un rapide survol de ces archives récentes m’apprit que la discussion du soir avait porté sur la Roumanie. Un tchateur occasionnel, extérieur au petit groupe d’habitué, avait posé une série de questions pour préparer un voyage dans les carpates. Chacun y était allé de son petit conseil, y compris ceux qui n’étaient jamais allés en Roumanie et ceux qui confondaient Bucarest avec Budapest, la voisine hongroise. Il y avait eu un petit couplet xénophobe sur les tsiganes, une embrouille, quelques insultes, suivies d’une déconnexion des principaux protagonistes de la discussion. Rien que du très classique. Dans un tel cas les plus virulents finissaient par se retrouver seuls en ligne à écrire leurs insanités sans plus d’écho et le combat cessait faute de combattants. Après un délai raisonnable, les habitués revenaient jeter un œil et, pour peu que les excités se soient, dans l’intervalle, déconnectés, la discussion reprenait tranquillement sur des banalités.

C’est ce qui s’était passé ce soir et malgré l’heure tardive, il restait du monde en ligne.

J’ai dû m’y reprendre à trois fois pour taper un salut général tant mon regard et mes doigts vacillaient à l’aplomb d’un clavier dont toutes les touches étaient en double.

 

Par Baz - Publié dans : Karine et châtiment, Roman
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Vendredi 12 décembre 2008 5 12 /12 /Déc /2008 10:17
Quand je suis en voyage, comme je l'ai déjà écrit précédemment, mon carnet m'accompagne et je prends des notes que je replace ensuite soit dans la trame de l'histoire, soit sous la forme de digressions ou de bribes de dialogues.

L'extrait du jour figurera dans le chapitre intercalaire à la suite de l'actuel chapitre 9 de k@rine et châtiment. Il s'agit d'un morceau de dialogue qui donne le ton de l'ensemble de la conversation.

J'ai pris ces notes en regardant un petit bout de femme qui semblait très angoissée sur le siège en face du mien,  dans la salle d'embarquement d' un aéroport.

"- J'ai tellement peu confiance en moi que je cherche toujours à quoi me raccrocher
- ...
- Quand je suis toute seule, je me raccroche à mes propres mains, je me tords les doigts. Sur internet c'est bien, ça ne se voit pas."



La suite dans le chapitre à venir !
Par Baz - Publié dans : En direct de mon bureau
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Jeudi 4 décembre 2008 4 04 /12 /Déc /2008 16:09

Une des difficultés que j'ai rencontrées dans la réalisation de ce blog était de savoir ce que je pouvais révéler et ce que je devais garder secret. je m'explique ! Bien entendu, dès le départ j'avais une idée précise de la trame du roman et je savais qui était le tueur. Dans l'optique de vous confier mes petites ficelles, vous donner ma trame aurait été très utile (et sympa de ma part non ?)
mais dans l'optique de vous tenir en haleine au fur et à mesure des chapitres, cette révélation était impossible. maintenant que l'histoire est publiée et que j'en suis à la remanier pour la perfectionner, je peux vous livrer cette trame telle qu'elle est aujourd'hui alors que j'entame la réécriture définitive du roman en y ajoutant deux chapitres et de nombreuses précisions. Voici donc l'enchaînement des chapitres tel qu'il se fera dans la version définitive du roman k@rine et châtiment :


Enchaînement des chapitres

 

1-     Première connexion au tchat de Bastien Legarec qui, dans la chronologie des faits est déjà au placard.

2-     Retour en arrière, 8 mois auparavant quand Bastien arrive au commissariat d’Angers fraîchement émoulu de l’école des inspecteurs de police. D’entrée il a une anicroche avec ses deux collègues, caricatures de flics un peu beaufs.

3-     Le lendemain de la première connexion, Bastien, poussé par la curiosité revient se connecter et va faire connaissance avec un petit groupe d’internautes qui semble se connaître, du moins virtuellement

4-     Bastien envoie une lettre au commissaire Lucas pour dénoncer une magouille de ripoux on ne peut plus classique qu’il a pu observer un 28 avril sur le marché (racket de camelots, immigrés pour la plupart). La situation pourrait paraître caricaturale si nous n’étions pas en 2008 avec un ministre de la rafle et de l’identité nationale qui rappelle les belles heures de Vichy !

5-     Mi-juin, début des inquiétudes avec une première personne qui disparaît de l'univers du tchat. cet univers était extrêmement volatile, fait de va-et-viens, cela n'a rien d'alarmant.

6-     Au hasard des classements d’archives, Bastien tombe sur l’affaire Wong et va ainsi être amené à entrer en contact avec Malika

7-     Ce chapitre tourne autour des discussions banales du tchat. Il sert avant tout à renseigner le lecteur sur quelques traits de caractère de chaque personnages et quelques indices physiques qui seront utiles par la suite. La difficulté du « brossage de portrait » ici réside dans le fait que les informations sur les personnages ne peuvent être que virtuelles via le filtre du chat étant donné que le mode de narration est à la première personne.

8-     Bastien se rend sur le marché pour faire connaissance avec Malika et voir si elle peut l’aider à recueillir des témoignages sur le racket effectué par ses collègues.

9-     Ici s’insère un nouveau chapitre. Après avoir passé la soirée chez des potes à jouer aux cartes (ses amis de la section d’humour trotskyste), Bastien rentre chez lui. Il a pris une nouvelle habitude, celle de laisser l’ordinateur allumé et connecté. Il va alors relire les conversations qui ont eu lieu en son absence et ainsi lever un nouveau coin de voile sur  la personnalité des protagonistes du tchat. Le tchat dans ce chapitre portera sur la timidité, l'estime de soi et le fait qu’Internet permet de surmonter ses inhibitions. Vino et Lilou notamment vont avoir une conversation autour du manque de confiance en soi.

10-  On apprend que Bastien est divorcé et a deux enfants… On apprend aussi qu’une autre personne (Lilou) a disparu.

11- Bastien sollicite Nicole pour accéder au fichier des personnes disparues et trouve un avis de recherche pour une personne dont la description fait penser à Lilou.

12- Discussion du tchat autour de la solitude affective que le tchat permet –partiellement- de combler. La discussion dérive petit à petit sur un possible tueur en série du tchat qui se servirait de cette solitude pour prendre ses victimes dans ses filets

13- Intermède : Bastien passe le week-end avec ses enfants

14- On s’était donné rendez-vous à midi sur le tchat pour se compter. Dans l’attende des retardataires, chacun laisse courir son imagination et se figure ce que font et ce que sont les autres. K@rine finit par  arriver, mais pas Kokine, troisième disparition.

15-  Deux faits nouveaux dans ce chapitre : Malika informe Bastien que les camelots vont témoigner et Nicole lui apporte des rapports de police circonstanciés : premier et deuxième cadavres découverts

16- Discussion tendue sur le tchat, le stress monte, les soupçons aussi. Une idée germe : se rencontrer, mettre un visage sur chacun comme si s’identifier les protégerait

17- Nouveau chapitre ici : la mère de Bastien lui téléphone pour essayer de lui faire régler une sombre histoire avec son père qu’il ne voit plus depuis longtemps. Refus de Bastien, prise de bec téléphonique suivie d’une connexion au tchat dans laquelle El_baz débarque énervé et durant laquelle il va se calmer progressivement tant le ton est morose dans un premier temps (vino nous dira qu’il n’attend rien de la vie, il est blasé, déçu, son expression fétiche est « bof  à quoi bon »). Puis la discussion dérivera sur l’envie de tout plaquer et de là sur le voyage (vodka-viandox nous en parlera longuement), sur le fait qu’avoir un boulot passion est un échappatoire (Larzac racontera son changement de vie, K@rine démystifiera son job d’infirmière : elle bosse en gérontologie et ne fait pas fantasmer grand monde sous sa blouse car ses petits vieux bandent mou et sont plein de honte quand elle change leurs couches). Mouflon finira par secouer son monde sur l’absence d’utopie, le pessimisme ambiant lui qui rêve de finir son droit et de s’engager dans l’humanitaire… jeune et naïf conclura El_Baz, la désillusion n’en sera que plus grande.

18- Rencontre au bar le Chateaubriant avec Hervé défenseur des sans papiers et trois camelots, une stratégie est définie pour rendre publique l’affaire du racket.

19- On apprend que Minipuce avait prévu de louer un voilier pour un week-end de rencontre dans le golfe du Morbihan, en profitant du retour au calme de la fin de saison estivale. Problème, elle aussi a disparu.

20- Bastien appelle un ex-camarade de promotion à l’école des officiers de police, basé à Vannes, il va lui révéler qu’on trouvé un autre cadavre qui pourrait être Minipuce. L’enquête devient sérieuse.

21- Dénouement de l’affaire du racket avec le passage à la télé de Bastien et ses révélations au grand jour.

22-  Valium qui avait disparu réapparaît, c’est l’occasion d’une empoignade sur le tchat où l’on se rend compte que tout le monde a des soupçons envers l’un ou l’autre… ceci s’interrompt alors que Malika, à la demande de Bastien, se connecte avec l’idée de devenir un appât pour le tueur. Les soupçons font place à une sorte de jalousie en ce qui concerne k@rine…

23- Ce chapitre sert à Bastien à faire le point sur la situation : concernant sa position au commissariat, on le regarde de travers mais les choses devraient s’arranger. Concernant l’enquête ; il a mis Malika en première ligne et désormais il faut attendre, avec inquiétude, que les choses bougent. A-t-il fait le bon choix ?

24- Tout s’accélère, Bastien a reçu un message de Malika, elle a rencard avec un type du tchat, peut-être le tueur. Problème le message est inaudible sur la fin. Bastien va se connecter pour aller à la pêche aux renseignements et bénéficier de l’aide de Mouflon pour localiser Malika. Il fonce en direction du quartier de la gare.

25- Arrivé au bar de l’Univers Bastien brutalise un peu le serveur qui crache le morceau : oui il a vu Malika avec un type, ils sont sûrement du côté des entrepôts ferroviaires, le coin des embrassades nocturnes, pour ne pas dire le lieu de passe des putes du quartier. Ce connard a pris Malika pour une pute, quel manque de discernement.

26- C’est le dénouement, le tueur est démasqué et on apprend ses motivations.

27- Epilogue et happy end, on peut seulement s’interroger sur le détonnant résultat que pourrait produire le mélange de sang Tunisien et Breton…


Voilà, moi je trouve qu eça se tient et que ça a pas mal de gueule ! Un peu d'autosatisfaction ne fait pas de mal hein ? 

 

Par Baz - Publié dans : Karine et châtiment, Roman
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Jeudi 27 novembre 2008 4 27 /11 /Nov /2008 10:28

En créant ce blog j'avais plusieurs (modestes) ambitions.

La première était que mes histoires soient lues (!)

La deuxième était de recueillir des avis pour améliorer mes textes (merci au passage à ceux et celles qui laissent de trop rares commentaires)

La troisième était de partager avec d'autres apprentis écrivains les affres de l'écriture mais également les trucs et les techniques qui peuvent faciliter la vie quand on écrit.

 

C'est dans cette troisième catégorie que s'inscrit mon article du jour. J'en suis en effet revenu aux fondamentaux pour parvenir à boucler le roman K@rine et châtiment que je souhaite remanier. Parmi ces fondamentaux, il y a un effort sur la définition des personnages que je vous ai déjà précédemment présenté et qui se traduit par la rédaction de fiches détaillées.

Mais il y en a un autre qui me trottait dans la tête et causait un point de blocage depuis quelques semaines déjà : la chronologie.

Que les faits s'enchaînent dans le temps c'est une Lapalissade. Mais cette gestion du temps est problématique. En effet,  ayant situé une partie de l'action en extérieur j'avais besoin que les journées soient belles, météorologiquement parlant, et ce à différents temps du récit : sur le marché, pour la sortie prévue en bateau, lors de la scène finale dans la gare de frêt. Or ces évènements sont séparés par un temps assez long.

Il fallait aussi que je détermine à quel moment le héros a été nommé sur son poste au commissariat. En effet, à un moment du récit je donne l'ancienneté de Legarec dans ses fonctions.

Or tout ça ne collait pas.

Et comme ça ne collait pas j'étais gêné aux entournures...

 

J'ai donc mis à profit quelques heures de transport entre Paris et Canton pour rédiger un filage chronologique que je vous présente ci-dessous. Et je pense que pour mes prochains romans je ferai cet exercice dès le début !!!

 

Avant septembre (date indéfinie) : Affaire Wong

Septembre : Nommination de bastien legarec à Angers (cette date était initialement plus tardive)

Octobre à janvier : Bastien est en formation, il apprend sur le terrain (c'ets là qu'il fait ses patrouilles de nuit qui lui serviront par la suite à identifier le bar près de la gare)

28 avril : affaire du marché qui conduira bastien au placard une semaine plus tard (cette date était initialement le 14 mai ce qui ne laissait pas assez te temps pour installer le tchat pour que le groupe se constitue et qu'il devienne vraisemblable qu'une inquiétude collective se développe)

10 mai :  début du tchat

Mi-juin : début des disparitions

Dernière quinzaine d'août : c'est dans cet intervalle, en fin de saison touristique, que  se situe le week-en durant lequel Minipuce va en repérages dans le Morbihan

Autour du 10 septembre : dénouement de l'affaire, scène finale

 

Au total l'histoire se déroule donc sur une durée d'un an (plus l'affaire wong qui est antérieure au récit) mais l'action proprement dite se concentre entre la fin avril et le début septembre.

 

ça me semble se tenir, qu'en pensez-vous ?

 

 

Dans le prochain article, je vous livrerai le nouveau sommaire détaillé du roman avec les 4 chapitres ajoutés....

Je mettrai également très prochainement en ligne quelques photos de la chine urbaine

 

à bientôt !

Par Baz - Publié dans : En direct de mon bureau
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Vendredi 14 novembre 2008 5 14 /11 /Nov /2008 11:47
Bonjour,

Je me fais rare, je sais.  Je suis débordé et le premier à m'en plaindre mais je ne lâche pas le morceau !

Tout d'abord, je tiens une promesse faite dans un précédent message : je vous présente René le carnet, mon fidèle compagnon de route :

René m'accompagne demain à Guangzhou (Canton) au Sud de la Chine.
Là je compte bien, si ce n'est terminer karine et châtiment, au moins tout mettre en place dans la nouvelle structure.

Au menu  :

- rédiger un calendrier du roman pour mieux caler les différents évènements dans le temps (ça suppose une relecture)

- rédiger de nouveaux dialogues de tchat qui, finalement, me semblent plus appropriés pour dévoiler le caractère et les centres d'intérêt des personnages que des fiches policières comme je l'avais un temps envisagé.

- rédiger les deux nouvelles scènes dont je vous ai parlé il y a peu...

Quand j'ai commencé ce blog, je pensais partager les affres de l'écriture avec quelques lecteurs... je me demande si le mot "affres" n'est pas trop doux...
Par Baz - Publié dans : Karine et châtiment, Roman
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